
Il y a des traditions qui ne naissent pas dans l’agenda, ni dans un groupe Facebook, ni dans une invitation officielle.
Elles naissent dans l’urgence de survivre.
Une fois par mois, on se retrouve.
Sept filles.
Sept tornades.
Sept cernes.
Sept salades.
Et un chat qui nous juge.
Pas parce qu’on est libres.
Mais justement parce qu’on ne l’est plus pantoute.
On arrive épuisées, décoiffées, affamées, des sacs de sport oubliés dans l’auto, du mascara semi-fondu pis des émotions en vrac.
Mais quand la porte s’ouvre…
tout arrête.
Les voix montent.
Le vin coule.🥂
Les brassières s’en vont.
Et nos âmes respirent.
Le mois est long. La soirée est courte. Mais on la savoure comme un 5 à 7 qui dérape.
On se connaît par cœur.💓
On sait qui va arriver avec les larmes dans les yeux et qui va faire des jokes douteuses pour faire diversion.
On sait qui va dire « moi j’ai rien à dire ce soir » avant de partir sur un monologue de 28 minutes.
On sait qui va voler les croûtons dans la salade des autres, et qui va sortir les chips quand personne ne regarde.
Et malgré tout ça — ou grâce à tout ça — on est là.
On s’aime.
Pas à la manière douce des cartes de Saint-Valentin.
Non.
On s’aime comme des soldates de la vraie vie.
Avec les rires qui pètent.
Les confidences qui échappent.
Les gorgées trop pleines.
Les silences qui soignent.
Les salades ?
C’est pas un souper santé.
C’est un code secret.
Chacune amène la sienne. Mais on n’apporte pas juste de la bouffe.
On amène notre humeur, notre fatigue, notre cœur en morceaux ou en feu.
Une salade de riz = “J’ai pas eu le temps, mais j’vous aime pareil.”
Une salade ultra fancy = “Je me sens inutile, laissez-moi au moins couper mes légumes avec style.”
Une salade achetée à la dernière minute = “J’ai failli pas venir. Mais j’ai tenu bon.”
Une salade sucrée-salée douteuse = “Je suis instable, mais délicieuse.”
On les met toutes sur la table, comme nos histoires.
Et ça fait un buffet d’humanité un peu croche, un peu tiède, mais parfaitement nourrissant.
Et Gus ?
Ah, Gus.
Le roi du regard blasé.
Le maître du side eye.
Le gardien silencieux de nos débordements émotionnels.
Il nous juge. Évidemment.
Il est souvent à l’écart, sur une chaise, dans un coin, entouré de mépris et de poils de prestige.
Mais parfois, on le surprend à s’installer juste un peu plus près.
À fermer les yeux.
À soupirer, presque avec tendresse.
Comme s’il savait, lui aussi, que ce qu’on vit là, c’est précieux.
Une soirée par mois.
C’est rien.
Mais c’est tout.
C’est le seul soir où on peut finir une phrase sans être interrompues par un “Madameaaaaaaa”.
Le seul soir où nos mains ne collent pas à des bouchons de colle ou des pelures de clémentine.
Le seul soir où on peut dire “J’en peux plus” sans devoir ensuite gérer quoi que ce soit.
C’est notre soupape. Notre rire de secours. Notre île de chaos bienveillant.
Et quand on part, tard, un peu saoules de tout — de vin, de mots, de lumière — on n’est pas réparées.
Mais on est un peu plus vivantes.
Et ça, ça vaut mille retraites fermées.
Alors on continue. Mois après mois.
À traîner notre fatigue, notre linge mou, notre exaspération, nos bobettes trouées et notre affection débordante.
À se choisir. Encore.
À boutte, oui. Mais ensemble.
Et le mois prochain, on recommence.
Parce que l’amitié, la vraie, ça se cultive comme une salade de cœur :
avec du croquant, du piquant, des ingrédients qui se contredisent…
et une grosse vinaigrette de fun par-dessus tout ça.
Un gros merci à mes amies Marie-Jo, Amelie, Emylie, Maryline, Emy et Cynthia… je vous aimes 🩷🩷
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