• ⛔️ Histoire vraie à peine romancée !!! 🚨🚨🚨

    Ça aurait pu être une belle journée.

    J’aurais pu me faire un latté mousseux, répondre à deux ou trois courriels, nourrir Gustave (le chat, pas un homme, on se calme), puis aller me promener en pensant vaguement à ma prochaine commande de vin blanc.

    Mais non.

    L’univers, dans sa grande cruauté cosmique, m’a dit :

    « Et si une tite madame un peu mélangée te rentrait dans la vie comme une tornade de confusion en robe fleurie ? »

    🧨 Le virement de l’enfer

    +180.00$

    Reçu dans mon compte comme un cadeau du ciel, sauf que le ciel ici, c’est probablement le 3e âge qui s’initie maladroitement à la technologie.

    Description :

    « Golf jeudi – merci ! »

    Moi, naïve, honnête, pleine de morale et d’envie de passer un après midi zen (you bet 🙄), je lui retourne le virement avec la gentillesse d’une madame qui vient de se faire complimenter sur son chignon au IGA.

    Erreur. Fatale.

    📞 Premier appel : l’alarme est déclenchée

    14h30… moi en train de penser à mon opération du lendemain… (j’y reviendrai sous peu dans un autre article)

    Numéro inconnu. Je réponds.

    Erreur #2.

    « Allô… oui bonjour madame… j’pense que j’ai envoyé de l’argent à vous par erreur… pour mon cours de golf… »

    Déjà là, j’aurais dû me méfier. Une madame qui dit “le golf” comme si elle parlait d’un virus.

    Je lui explique, doucement, comme à un enfant ou à un ministre des finances un peu slow, que j’ai reçu son virement, que je l’ai retourné, et que tout va bien.

    Elle me dit :

    « Ouf ! Vous êtes bien fine. J’vais essayer de l’accepter. J’suis pas bonne avec ces affaires-là, vous savez… »

    Oui. Oui madame. JE SAIS.

    📞 Deuxième appel : refus d’obtempérer

    15h

    Je m’apprête à siroter une coupe de blanc (question de me calmer les nerfs pour le lendemain).

    Le téléphone sonne.

    Gustave bondit sous la table comme s’il savait que je m’en vais droit en enfer.

    « Allô madame… c’est encore moi… le courriel du virement… j’suis pas capable de l’ouvrir… ça me demande une réponse de sécurité pis là j’ai pas ça, moi. »

    Je serre ma coupe comme si c’était le volant d’un autobus en chute libre.

    Je lui dis :

    « La question c’est “nom du sport mentionné dans le virement”. La réponse c’est golf. »

    Elle :

    « G…O…L…F. Ça marche pas. »

    Bien sûr que ça marche pas. Elle a sûrement écrit “Golf jeudi – merci” au complet, ou en minuscules, ou avec un accent circonflexe par accident. Ou elle a tapé “bingo”.

    📞 Troisième appel : le fils panique

    15h30. Je suis en train de texter mon chum “je pense que je vais devenir folle live là”.

    DRING.

    Elle a mis son fils sur le dossier.

    Un fils de 50 ans, sceptique, en chemise ouverte avec une énergie de “je fais pas confiance aux jeunes femmes (bon ok pas si jeune…) et encore moins à Interac”.

    « Ouais, là, ma mère dit que vous lui avez renvoyé un virement… mais nous autres on n’a jamais vu ça… C’est peut-être une fraude. »

    Une FRAUDE.

    Moi. En bikini car il fait 1000*C. En train de suer du front à force de répéter “vous m’avez envoyé de l’argent PAR ERREUR”.

    J’explique, je réexplique, je re-re-réexplique.

    Je pense sérieusement à me faire un PowerPoint animé avec un clipart de vieille madame, une enveloppe d’argent, pis ma face en flamme.

    📞 Quatrième appel : le burnout numérique

    15h52. Je suis assise en boule sur mon balcon, Gustave sur mes genoux comme une doudou qui juge.

    DRING.

    « Bonjour madame… là, j’essaie encore, mais je pense que j’ai envoyé l’argent à quelqu’un d’autre maintenant… j’suis toute mêlée… j’suis plus capable, j’ai mal à la tête… »

    ET MOI DONC.

    J’ai mal à l’âme, madame.

    Elle veut que je lui refasse un virement. Un nouveau.

    Avec une autre question de sécurité.

    Elle veut aussi que je lui écrive une lettre.

    Oui. Une lettre. Officielle.

    Pour dire que je ne suis pas une voleuse de golf.

    À ce stade, je considère faire certifier le tout chez un notaire.

    ✍️ État émotionnel : nivelé par le bas

    Je suis passée par :

    • L’empathie
    • La patience
    • Le rire nerveux
    • Le sarcasme sec
    • Le vide intérieur

    J’ai tout donné. De l’énergie, du temps, de la santé mentale.

    Et elle, elle a pas su accepter un virement.

    Littéralement.

    Cliquer sur “Accepter”, ça aurait tout réglé. Mais non. Trop facile.

    🧶 Conclusion

    Est-ce qu’elle a fini par avoir son argent ?

    Peut-être.

    Est-ce qu’elle pense encore que je suis une prof de golf à la solde de la mafia ?

    Probablement.

    Moi, je sais juste que plus jamais je réponds à un numéro inconnu.

    Et que si je reçois un autre virement non sollicité, je pars vivre dans le bois avec Gustave, loin des madames, des fils sceptiques et des institutions financières

  • 💅🏼 

    La veille de l’affectation (et accessoirement de mon opération chirurgicale)

    ou comment vivre une double peine en robe de chambre et gloss collé sur la panique

    Il est 16h25

    L’heure où les gens normaux arrivent de travailler ou encore en vacances à siroter l’apéro…

    Mais moi?

    Moi je suis assise à la table de la cuisine comme si je préparais les négociations de paix de Genève.

    En face de moi :

    – Un portable qui surchauffe.

    – Un crayon que j’ai mastiqué comme une hyène.

    – Une pile de papiers intitulée « Plans A à H – en cas de trahison syndicale ».

    – Et Gus. Qui me regarde comme si j’étais un documentaire sur les espèces en voie de disparition.

    💻 

    Demain, c’est la séance d’affectation. Et moi, je serai dans les vapes !

    Pas genre “inconsciente de mes choix”.

    Non non. Physiquement anesthésiée.

    Gelée et sans contrôle sur ma destinée.

    Pendant que quelque part dans le nuage virtuel de Teams, mon avenir professionnel se décide au clic près.

    Et qui sera là pour cliquer à ma place?

    Mon amie MJ.

    Blonde, loyale, magnifique, et maintenant… moi, par procuration.

    Elle a pour mission de me représenter. De faire les bons choix.

    De dire avec aplomb :

    « Isabelle D. souhaite conserver son poste actuel. Elle vous remercie de votre collaboration. Elle vous juge aussi un peu, mais elle est sous médication donc ça compte pas. »

    📋 

    Planification en mode panique contrôlée

    Je coche.

    Je rature.

    Je surligne en fluo comme si ma vie en dépendait (spoiler : c’est le cas).

    Plan A : Je garde mon poste actuel.

    Mon doux, mon 35h, ma routine, mon micro-ondes un peu douteux, mes enfants qui m’appellent “Madame Isa”, mes murs décorés avec des bricolages en papier construction.

    Le rêve.

    Mais bon.

    Y’a toujours une Louise-avec-32-ans-d’ancienneté qui peut pointer son curseur dessus et faire POUF, c’est à moi.

    Alors…

    Plan B à H : C’est moi qui anticipe la chute.

    Je prépare des options.

    Un éventail de solutions acceptables, du poste “pas si pire” à l’école “c’est laid mais j’ai pas le choix”.

    Tout ça écrit avec amour et cynisme.

    Avec des annotations comme :

    – “OK si j’ai pas mieux.”

    – “Seulement si les toilettes sont à l’intérieur.”

    – “Accepter en pleurant.”

    🐈‍⬛ 

    Gus, pendant ce temps-là, est imperturbable.

    Il s’est allongé sur les plans C à E.

    Il ronronne. Il flatte ses moustaches.

    Lui, il a un poste.

    Observateur professionnel de mon désespoir.

    Aucun stress. Zéro anxiété. Juste un regard qui dit :

    « Tu devrais faire comme moi : dormir 18 heures par jour et t’en foutre. »

    🍷 

    Et moi, je bois. Pas trop. Juste assez pour rester fonctionnelle dans l’effondrement.

    Mon vin goûte la résilience.

    Ma robe de chambre est rendue mon uniforme de guerre.

    Et je rédige, en lettres dorées dans ma tête :

    « Si quelqu’un supprime mon poste demain… je me réincarne en imprimante de direction et je refuse de fonctionner. »

    🛏️ 

    Demain, je me fais opérer. Et je me fais possiblement supplanter.

    Double trahison corporelle et professionnelle.

    Je vais dégeler avec une mini cicatrice, une voix rauque et la même question que tout le monde :

    « Est-ce que j’ai encore un poste ? »

    Mais au fond, je sais une chose.

    Je me suis préparée comme une reine.

    J’ai briefé mon amie comme un agent secret.

    Et j’ai un chat qui, quoi qu’il arrive, dormira sur moi en signe de soutien passif-agressif.

    Et si je perds mon poste ?

    Je vais pleurer dans ma jaquette,

    Je vais m’envelopper dans une couverture en fausse fourrure,

    et je vais reprendre du vin (médical, bien sûr).

    Puis je vais me relever.

    Parce que je suis éducatrice.

    Et qu’on ne me supprime pas comme une ligne dans un fichier Excel.

    Je suis là. Brillante. Brisée parfois, mais toujours debout. Avec des paillettes collées sur mon agenda.




  • Bienvenue dans mon été !

    Thématique cette année : Glamour low-cost et panique contrôlée, avec une touche de vinaigrette maison et des crises existentielles déguisées en fous rires.

    Mon compte en banque ? Une blague.

    Mon budget resto ? Inexistant.

    Ma carte de crédit ? Elle me ghoste.

    Et pourtant, je suis fabuleuse.

    Je vis seule à Contrecoeur (aka la capitale du petit luxe rural) avec comme coloc Gustave, chat dramatique et critique gastronomique à temps plein, et comme partenaire de scène mon chum, qui fait du qui se promène entre son condo à Montréal et mon mini-palais de reine fauchée pour que je puisse sauver du gaz !!!!

    🐈‍⬛ Gustave, influenceur de l’indignation

    Gustave passe ses journées à me lancer des regards comme si j’étais une candidate ratée de Masterchef. Il juge mes lunchs de craquelins et houmous comme s’il avait grandi dans un loft du Vieux-Port avec service de traiteur.

    Quand je mange des pâtes blanches trois soirs de suite : il miaule.

    Quand je mets la clim à « économie d’énergie » : il soupire.

    Quand je réutilise un sachet de thé trois fois : il quitte la pièce.

    Mais bon, il ne paie pas de loyer, alors il peut bien aller se recoucher.

    💕 Mon chum : Uber romantique entre deux régions

    Pendant ce temps, mon chum fait la navette Contrecoeur–Montréal comme s’il avait signé un contrat de coparentalité avec mon frigo vide et mon moral fluctuant.

    Il arrive chez moi avec une bouteille de vin cheap, des provisions, un tupperware plein de pâtes, et un :

    « T’as-tu pleuré aujourd’hui ou c’est juste ton maquillage qui coule ? »

    Il connaît mes états d’âme comme le fond de ses sacs réutilisables.

    Il sait que le jeudi, j’ai un down parce que le dépôt d’assurance emploi arrive juste le lendemain.

    Il sait que si je dis « j’vais bien », c’est code pour « j’ai mangé du fromage râpé directement du sac encore une fois ».

    Et il répond toujours avec une blague, une caresse, ou un petit :

    « On écoute Squid Game avec une drink maison ? »

    Honnêtement, c’est un trésor emballé dans une de ses vestes, car il est toujours gelé et une Mazda 3 !!!

    🥂 La vie fauchée, mais pas plate

    Je suis peut-être fauchée, mais je suis inventive comme jamais.

    • Mes soupers ? Tapas de fonds de frigo sur planche à découper.
    • Mon vin ? Un petit blanc en boîte qu’on boit dans des verres du dollorama !!
    • Ma déco d’été ? Des petites ampoules un peu partout et une spirale qui sent le « yable » parce que c’est le paradis des maringouins !

    Quand on est fauchés, faut compenser avec du panache.

    Ici, on ne parle pas de misère, on parle de misère controlée.

    Je mets de l’illuminateur même si je ne sors pas.

    Je parfume mes draps avec du Febreze à la lavande comme si j’étais dans un spa.

    Je prends des selfies avec mon chat qui me juge en arrière-plan comme une madame de télé-réalité en crise de la quarantaine.

    Et je ris. Beaucoup. Trop, même.

    Parce que franchement, à ce niveau-là de chaos financier, c’est soit ça ou un breakdown en public.

    Résumé des épisodes précédents

    • Est-ce que j’ai paniqué sur ma limite de crédit ? Oui.
    • Est-ce que j’ai pleuré dans un IGA ? Aussi.
    • Est-ce que j’ai dansé en bobettes avec un mimosa maison en hurlant “I Will Survive” ? Absolument.

    Et tu sais quoi ? J’ai survécu.

    Avec Gustave qui me juge, mon chum qui me love, et des paillettes dans le cœur (et parfois dans le plancher à cause d’un vieux diamond painting que je n’ai jamais fini).

    Fauchée ? Oui.

    Seule ? Jamais.

    Folle ? Peut-être.

    Glamour ? Toujours

  • 🩹 Coupes scolaires : on saigne en silence

    Aujourd’hui, pas de paillettes. Pas de vino, pas de potluck entre amies, même pas un regard complice à travers une coupe de mousseux. Juste moi, éducatrice, un peu à boutte, un peu fâchée, et très inquiète. Parce que pendant qu’on planifie nos vacances d’été et qu’on rêve de siestes au soleil, le gouvernement, lui, a décidé que l’éducation allait devoir faire sa propre valise. Avec moins de moyens. Moins de ressources. Et une paire de ciseaux bien affûtée.

    ✂️ Le résumé brutal

    Le gouvernement Legault a annoncé un budget pour l’éducation 2025-2026 inférieur de 175 millions à celui de l’an dernier. Et si tu pensais que c’était déjà assez violent, attends. On doit aussi encaisser une coupe de 567 millions $ dans les services aux élèves du primaire et du secondaire. Oui, tu as bien lu. Cinq-cents-soixante-dix millions. Juste comme ça, en plein cœur de la mission éducative.

    Et là, je te vois venir : « Mais Isabelle, ils vont sûrement couper ailleurs, pas dans ce qui touche directement les enfants ? »

    Spoiler : si.

    📉 Optimiser… jusqu’à l’épuisement

    Officiellement, on appelle ça des “compressions optimisées”. Ce qui est, dans le monde réel, un peu comme dire : “Je vais juste te couper un doigt, mais de façon stratégique.”

    Parce qu’en pratique, ces compressions se traduisent par :

    • Moins de personnel en classe.
    • Moins d’accompagnement pour les enfants à besoins particuliers.
    • Moins de ressources éducatives.
    • Moins de temps. Moins de souffle. Moins de nous.

    Mais pas moins de besoins. Eux, étrangement, continuent de croître.

    Et pendant que les centres de services scolaires crient à l’aide (mais n’ont même pas le droit de faire de déficit pour éviter les dégâts), nous, sur le terrain, on continue à boucher les trous avec ce qu’il nous reste : de la passion, de l’ingéniosité, et une boîte de mouchoirs à moitié vide.

    💔 Moi, éducatrice, pas magicienne

    Je suis là tous les jours. Je connais le prénom des tout-petits, leurs peurs, leurs éclats de rire. Je sais lequel a besoin de cinq minutes de plus pour décrocher, lequel a une peine qui lui colle au cœur, et lequel est en train d’apprendre à faire confiance.

    Mais je ne peux pas tout faire, surtout pas sans ressources. Et là, on nous en enlève. Encore. Comme si on pouvait élever une génération entière d’enfants avec des mots d’encouragement et des crayons de cire cassés.

    On me demande souvent si je vais tenir le coup. La réponse ? On tient. Pour les enfants. Mais à quel prix ?

    📢 Ce qu’il faut dire, fort et clair

    Ces coupes ne sont pas abstraites. Elles sont concrètes. Elles coupent dans la sécurité, dans l’encadrement, dans le soutien psychologique. Elles coupent dans la possibilité, dans l’équité, dans la dignité.

    Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est pour le bien commun. Il n’y a rien de commun dans une classe qui déborde, dans un enfant qui souffre sans qu’on ait le temps de l’écouter, dans une éducatrice qui rentre chez elle épuisée, la boule au ventre, parce qu’elle n’a pas pu faire mieux.

    🙅🏻‍♀️Je ne suis pas fâchée parce que je n’aime pas mon métier.

    Je suis fâchée parce que je l’aime trop.

    Et je refuse qu’on le maltraite.

    🧃 Et maintenant ?

    Je vais me servir un verre d’eau gazeuse (on n’a plus le budget pour le mousseux), respirer un bon coup… et continuer à me battre.

    Pour mes élèves. Pour mes collègues. Pour l’école publique.

    Parce que je refuse de regarder le système s’effondrer en silence pendant qu’on me dit que tout va bien.

    Ce n’est pas juste un budget. Ce sont des choix politiques qui auront des conséquences humaines. Ce sont nos enfants qu’on abandonne doucement, sous prétexte d’“optimisation”. Et nous, les éducatrices, on regarde ça, cœur brisé, avec du café froid à la main… et une colère brûlante en dedans.

  • Il y a des traditions qui ne naissent pas dans l’agenda, ni dans un groupe Facebook, ni dans une invitation officielle.

    Elles naissent dans l’urgence de survivre.

    Une fois par mois, on se retrouve.

    Sept filles.

    Sept tornades.

    Sept cernes.

    Sept salades.

    Et un chat qui nous juge.

    Pas parce qu’on est libres.

    Mais justement parce qu’on ne l’est plus pantoute.

    On arrive épuisées, décoiffées, affamées, des sacs de sport oubliés dans l’auto, du mascara semi-fondu pis des émotions en vrac.

    Mais quand la porte s’ouvre…

    tout arrête.

    Les voix montent.

    Le vin coule.🥂

    Les brassières s’en vont.

    Et nos âmes respirent.

    Le mois est long. La soirée est courte. Mais on la savoure comme un 5 à 7 qui dérape.

    On se connaît par cœur.💓

    On sait qui va arriver avec les larmes dans les yeux et qui va faire des jokes douteuses pour faire diversion.

    On sait qui va dire « moi j’ai rien à dire ce soir » avant de partir sur un monologue de 28 minutes.

    On sait qui va voler les croûtons dans la salade des autres, et qui va sortir les chips quand personne ne regarde.

    Et malgré tout ça — ou grâce à tout ça — on est là.

    On s’aime.

    Pas à la manière douce des cartes de Saint-Valentin.

    Non.

    On s’aime comme des soldates de la vraie vie.

    Avec les rires qui pètent.

    Les confidences qui échappent.

    Les gorgées trop pleines.

    Les silences qui soignent.

    Les salades ?

    C’est pas un souper santé.

    C’est un code secret.

    Chacune amène la sienne. Mais on n’apporte pas juste de la bouffe.

    On amène notre humeur, notre fatigue, notre cœur en morceaux ou en feu.

    Une salade de riz = “J’ai pas eu le temps, mais j’vous aime pareil.”

    Une salade ultra fancy = “Je me sens inutile, laissez-moi au moins couper mes légumes avec style.”

    Une salade achetée à la dernière minute = “J’ai failli pas venir. Mais j’ai tenu bon.”

    Une salade sucrée-salée douteuse = “Je suis instable, mais délicieuse.”

    On les met toutes sur la table, comme nos histoires.

    Et ça fait un buffet d’humanité un peu croche, un peu tiède, mais parfaitement nourrissant.

    Et Gus ?

    Ah, Gus.

    Le roi du regard blasé.

    Le maître du side eye.

    Le gardien silencieux de nos débordements émotionnels.

    Il nous juge. Évidemment.

    Il est souvent à l’écart, sur une chaise, dans un coin, entouré de mépris et de poils de prestige.

    Mais parfois, on le surprend à s’installer juste un peu plus près.

    À fermer les yeux.

    À soupirer, presque avec tendresse.

    Comme s’il savait, lui aussi, que ce qu’on vit là, c’est précieux.

    Une soirée par mois.

    C’est rien.

    Mais c’est tout.

    C’est le seul soir où on peut finir une phrase sans être interrompues par un “Madameaaaaaaa”.

    Le seul soir où nos mains ne collent pas à des bouchons de colle ou des pelures de clémentine.

    Le seul soir où on peut dire “J’en peux plus” sans devoir ensuite gérer quoi que ce soit.

    C’est notre soupape. Notre rire de secours. Notre île de chaos bienveillant.

    Et quand on part, tard, un peu saoules de tout — de vin, de mots, de lumière — on n’est pas réparées.

    Mais on est un peu plus vivantes.

    Et ça, ça vaut mille retraites fermées.

    Alors on continue. Mois après mois.

    À traîner notre fatigue, notre linge mou, notre exaspération, nos bobettes trouées et notre affection débordante.

    À se choisir. Encore.

    À boutte, oui. Mais ensemble.

    Et le mois prochain, on recommence.

    Parce que l’amitié, la vraie, ça se cultive comme une salade de cœur :

    avec du croquant, du piquant, des ingrédients qui se contredisent…

    et une grosse vinaigrette de fun par-dessus tout ça.

    Un gros merci à mes amies Marie-Jo, Amelie, Emylie, Maryline, Emy et Cynthia… je vous aimes 🩷🩷

  • (Feat. Un walkie-talkie, des petits dessins de dragon dessinés à la craie sur les murs et Gustave le chat syndiqué)

     

    J’entre dans l’école comme dans un film de guerre, au ralenti.

    Ma robe « cute mais confortable » a des traces de café et d’âme chambranlante.

    Le plancher colle un peu.

    Et au loin, j’entends déjà un hurlement strident suivi d’un bruit de bac de Lego renversé.

    Bienvenue dans ma dernière semaine… 🫣

     

    Les enfants ??

    Ce sont des Gremlins sous Red Bull, des mini bourrasque en short, des tornades émotionnelles sous forme de mini humains.

    Ils courent.

    Ils rient

    Ils crient… ils hurlent plus précisément !!!

     

    Moi ???

    Je suis éducatrice.

    Profession : femme-orchestre, gestionnaire de conflit niveau Jedi et philosophe du « pourquoi tu as lancé ta casquette de l’autre côté de la clôture, Simon ? »

    Mais je le fais avec style.

    Un style légèrement échevelé, certes, mais orné de paillettes et d’une brume corporelle senteur « équilibre mental précaire »

    Et pendant que les enfants débattent quel Pokémon est le plus fort, je gère.

    Je réponds à des questions du genre :

    -« Si je mange une gomme, est ce que je vais mourir dans 7jours ? »

    -« Pourquoi est-ce que nous ne pouvons pas garder un raton laveur dans notre local ?»

    Ou encore, ma préférée de toutes :

    -« Pourquoi tu as le front plissé comme les vieilles madames à la télé ? »

    J’ai répondu avec un sourire.

    Un sourire tendu, qui disait : je vous aime mais c’est tellement votre faute si j’ai une bouteille de blanc au frais. 🥂

    Mon cerveau, lui, est une boîte vide qui résonne, où une toute petite voix me murmure en boucle :

    « Tu vas y arriver. Tu vas y arriver. Ou pas. »

    À chaque minute qui passe, mon énergie descend d’un niveau…

    Mais mes paillettes intérieures, elles, montent.

    Parce que si je dois craquer, ce sera brillant. ✨

    Et Gustave ?

    Ah Gustave.

    Mon chat, mon coloc cynique.

    Il m’accueille le soir comme seul lui peut le faire :

    – « Encore des humains en bas de 10 ans » et il me sourit de façon sarcastique les yeux en l’air.

    Il s’étire, se couche sur mon sac, et ronronne avec la condescendance d’un chat qui n’a jamais eu à expliquer à 3 élèves pourquoi on ne crie pas « poisson pané » dans le corridor.

    Mais bientôt je pourrai dire :

    -« Bonne vacances ! »

    Et m’éclipser dans un nuage de brume à la noix de coco, un verre à la main, les orteils à l’air, avec des paillettes dans les cils et zéro cadran a 6h30.

    …Et malgré le chaos, les chandails oubliés, les « MADAAAAAMEEE Isabelle il m’a REGARDÉEEEEE » en boucle Dolby Surround…

    Je vais m’ennuyer.

    Oui oui m’ennuyer…

    Et même si là, tout de suite, je rêve de silence et de café chaud, je sais que dans 4 dodos, quand je ne verrai plus leurs petites faces excitées me raconter que « le chien de leur voisine s’appelle Zazou pis qu’il a mangé un soulier. »

    Je vais ressentir un mini vide.

    Parce qu’au fond, même recouverts de brillants, de taches de crayon et d’énergie nucléaire, ce sont mes mini tornades 🌪️🌪️, mes tempêtes adorables en souliers velcro.

    Alors oui, je vais prendre mes vacances, me rouler dans ma couette comme un burrito de repos bien mérité.

    Mais un jour d’été, entre deux gorgées de spritz 🍹 une sieste semi-ratée, je penserai à eux.

     

     

    Bonne dernière a tous mes amis et collègues du monde de l’éducation… Passez un bel été bien

    mérité  !!

    XOXO

  • Vous pensiez que le summum du glamour , c’était une soirée sur une terrasse sur le toît avec vue sur la ville, talons hauts, robe scintillante et coupe de vin blanc à la main ??? Faux !
    Le vrai grand frisson ?Une belle crise de panique dans l’allée des surgelés au IGA entre les pogos et les fruits congelés ! Là ma belle c’est de l’adrénaline pure, performance live et standing ovation de ton système nerveux !!!

    ⭐️ Palpitations = coeur de festival style “tommorow land” sous redbull
    ⭐️ Vertiges = défilé de mode sur échasses (en moins stable)
    ⭐️ Sueurs froides = petite visite express au sauna (adieu la mise en plis )
    ⭐️ L’impression de mourir = c’est L’OPTION VIP 🥳!!! (naturellement non remboursable)
    Bref, la pensée logique que j’ai c’est : “ ça y est je vais mourir en plein IGA !! Ce sera écrit sur ma tombe, ”« ici repose Isabelle emportée par une promo sur les Doritos”
    GESTION DE CRISE
    1️⃣ Respirer ???
    Hahaha !! Très drôle, mon souffle sonne comme un hamster sous amphétamines; “snrrhuhuhuuuu”
    2️⃣ Boire de l’eau ???
    Pas d’eau !!! Juste un fond de pinot grigio dans ma tasse isotherme. Je sirote en dépit de cause 🥂
    3️⃣ Appeler les secours ??
    NON !!!
    J’appelle Mon homme. Je tombe sur sa boîte vocale et par la force des choses je lui fais mes adieux et je lui dit que je l’aime plus que tout
    😬 J’envisage d’écrire mon testament sur un reçu de caisse
    😬 Je commence à faire des recherches sur Google; est ce possible de mourir subitement en plein milieu d’un IGA à 43 ans ?
    😬 Je m’assieds par terre devant les surgelés et je regrette de ne pas avoir de mascara “ waterproof ”.

    LA FINALE PATHÉTIQUE ?
    Après 10 minutes de chaos mental + 5 gorgées de pinot grigio, la crise redescend…
    Je me lève et fais un semblant de sourire aux autres clients, j’essaie d’avoir l’air de comparer les prix, puis je sors du magasin. Une fois dehors je crie “OUI J’AI FAIT UNE CRISE !!! ÇA FAIT QUOI ?!APPORTEZ MOI DU BLANC 🥂!
    La morale de cette histoire ???
    ✨ Le vin blanc ne soigne pas l’anxiété ( 😢)
    ✨ Mais une crise de panique n’a jamais empêché une “drama queen” de boire du blanc, se commander des sushis et d’écouter Gilmor Girl !
    Pour de réels trucs pour stopper l’anxiété👇🏻👇🏻👇🏻


  • Samedi, soleil, sérénité louche… et Gustave, mon chat, mon juge, mon démon personnel en fourrure pailletée

     

    Ce matin, le soleil a caressé mon visage comme un filtre Instagram doux et flatteur.

    Mon rideau bleu a dansé mollement dans la brise comme dans une pub pour des serviettes hygiéniques ultra-féminines et j’ai ouvert les yeux sans alarme, sans angoisse, sans sueur froide.

    Juste… bien.

    PROBLÈME !

    Mais avant même que je puisse formuler le mot “étrange”, Gustave est apparu.

    Pas en courant. Non. En marchant. Lentement.

    Comme s’il participait à un défilé de haute couture invisible, version Panthère Noire …

    Il s’est planté à 2 cm de mon visage. Il m’a regardée avec ses yeux verts luisants, mi-soupçon, mi-dégout artistique. Et il a miaulé. Un petit “mrrraow” qui disait très clairement : — “Tu vas me faire croire que t’es reposée et de bonne humeur, là ? T’as bu un smoothie au kale ou tu prépares ta mort psychique ?”

    J’ai osé me lever. En jaquette, rose brillante.

    Gustave m’a suivie à la cuisine, la démarche dramatique, comme s’il allait m’annoncer une mauvaise nouvelle ou une explosion nucléaire.

    Il s’est posté devant sa gamelle, vide bien sûr, mais pleine d’espoir toxique et m’a regardée la remplir comme si j’avais mis une semaine à le nourrir alors que ça faisait 18 minutes.

    Pendant que mon cappuccino moussait avec une perfection suspecte, Gustave a sauté sur le comptoir interdit (qu’il considère comme son trône) et s’est mis à me fixer pendant que je préparais mon déjeuner comme si je venais d’échouer une épreuve de « Masterchef émotionnel. Puis il s’est allongé sur mon agenda du jour, patte délicatement posée sur la case “prendre soin de moi”, comme pour signifier que cette idée était objectivement ridicule. Ensuite, pendant que j’appliquais mon « highliner », façon “je brille de santé même si j’ai pleuré hier en regardant Hatchi”, Gustave est entré dans la salle de bain, s’est assis sur le couvercle des toilettes, et m’a regardée dans le miroir.

    Oui, dans le miroir !!!

    Comme un coach de vie démoniaque.

    Il m’a cligné des yeux trois fois.

    Le code secret pour :

    — “Tu mets encore des paillettes sur ta misère intérieure ? Adorable.”

    Et moi ?

    J’ai mis ENCORE PLUS DE PAILLETTES.

    Parce que si je dois vivre une journée parfaite qui me stresse par sa perfection, autant briller comme un sapin sous tension. J’ai mis ma robe en tulle rose bonbon, celle qui prend trop de place pour exister dans une pièce normale. J’ai vaporisé une brume qui sent “l’évasion émotionnelle et la fleur de coton”.

    Puis je me suis assise dans le salon, avec un verre de vin blanc 壟 et Gustave sur le rebord de la fenêtre, en train de juger les pigeons et probablement aussi ma stabilité mentale.

    Il a cligné des yeux, soupiré, et s’est recouché, comme s’il venait de valider ma chute prochaine.

    Et moi, j’ai souri. Parce qu’avec Gustave, même la sérénité a un deadline !!

  • 🥂Symphonie en panique mineure pour insomnie, vin blanc et chat sarcastique

    Épisode # j’en ai aucune idée: le hamster mental ne dort jamais (et Gustave me méprise)

    00h47

    Je suis dans mon lit.

    En fait, j’essaie.

    Je lis un peu pour essayer de me détendre (tu parles).

    J’ai même fait 2 minutes de méditation avec une application qui me parlait comme une prof de yoga sous Valium

    Mais non.

    LE HAMSTER EST DEBOUT !!!

    Et PAS n’importe comment: il est sur une roue de feu, en tutu fluo, avec une fanfare dans le fond qui crie “ET SI TU PANIQUAIS EN PUBLIC DEMAIN ???”

    01h03: Le début de la déchéance psychologique (AKA le premier verre) 🥂

    Je descends.

    En pyjama rose rempli d’ours polaire

    Yeux écarquillés façon “Je viens d’apprendre que je suis peut-être poursuivie par la mafia russe”.

    Je me sers un petit verre.

    Pas pour me saouler, non.

    Juste pour adoucir les bords de ma panique existentielle.

    À ce moment-là, entre en scène Gustave, chat noir, juge officiel de mon chaos intérieur et fondateur du parti félin anti-drama.

    Il s’installe sur le comptoir de la cuisine .

    Il me regarde.

    Longuement.

    Puis cligne des yeux lentement…

    Traduction: “tu recommences drama queen!!! Bois ton vin et arrête d’exister si fort.”

    01h17: les pensées catastrophes s’enchaînent façon Netflix sur l’acide

    Et si j’avais une maladie rare qu’aucun médecin n’a encore diagnostiquée sauf Emmanuelle dans STAT ?

    Et si mon chum me quittait demain parce que j’écoute trop de “true crime” ?

    Et si Gustave n’était pas un chat mais un espion émotionnel envoyé pour documenter mon effondrement ?

    Je commence a googler mes symptômes (un classique): vertiges, gorge serrée, envie de respirer dans un sac en papier = MORT IMMINENTE !!!

    Je pleure un peu.

    Gustave baille.

    Je braille plus fort, pour le drama.

    Il s’étire et me tourne le dos.

    Je crois que je viens de me faire ghoster par mon propre chat.

    01h39: l’acte III-La scène de la drama queen en déroute 👑

    Je suis allongée sur mon divan inconfortable.

    Enroulée dans ma couverture chauffante.

    Un verre de blanc à la main, l’autre qui calcule ma fréquence cardiaque.

    Je parle à voix haute, à personne, à Gustave ou à l’univers.

    “Est-ce que je vais finir seule, angoissée, avec toi comme seul témoin, Gustave ???”

    Il éternue.

    Je prends ça pour une réponse.

    Je décide de faire des squats (mauvaise idée).

    Puis j’abandonne.

    Puis je pleure un peu de nouveau.

    Puis je me mets un dessin animé, genre Garfield.

    Puis j’imagine m’installer au Pérou pour élever des lamas et vivre une vie paisible sans anxiété.

    Gustave, pendant ce temps ???

    Il me fixe.

    Il sait tout.

    Il a tout vu.

    Il note sûrement tout dans son petit carnet invisible de jugements: “l’humaine a parlé à un coussin en le prenant pour son psy.”

    02h37: épiphanie ivre et chaotique 💥

    Je me parle dans le miroir: “tu n’es pas folle, tu es juste trop…intense.”

    Je me souris.

    Puis je pleure.

    Puis je ris.

    Puis je repleure.

    Un rollercoaster émotionnel validé par aucun psychologue mais hautement approuvé par Gustave le cynique.

    Je retourne me coucher.

    Gustave vient s’installer en cuillère comme s’il fermait le rideau du spectacle.

    Il ronronne.

    Peut-être de pitié.

    Peut-être d’amour.

    Peut-être parce qu’il sait que je vais me lever dans 7 minutes pour vérifier si j’ai bien barrer les portes.

    En résumé:

    🤷🏻‍♀️ Moi:

    Une drama queen fatiguée, parfumée au vin blanc, qui lutte contre son hamster mental dans un pyjama rose.

    🐾 Gustave:

    Un juge silencieux, méprisant mais étrangement présent. Sûrement en train d’écrire sa biographie; “Vivre avec une humaine instable: confession d’un chat noir.”

    🥂 La morale:

    Si je dois paniquer a 2h du matin, autant le faire avec du Pinot Grigio, un chat hautain et des paillettes dans le coeur. ❤️