• Que la pièce commence… 🎭

    Distribution :

    • Moi : héroïne tragico-glamour en convalescence.
    • Mon chum : partenaire stoïque, mais victime collatérale.
    • Ma cicatrice : diva capricieuse qui exige l’attention 24/7.
    • Mon compte bancaire : croque-mort financier.

    Scène 1 – La canicule de l’enfer

    (Le salon. Rideaux fermés. L’air climatisé ronronne en sauveur silencieux. Moi, étendue comme une reine qui rêve d’être sur une plage d’Ibiza, sur le canapé, pansement apparent. Mon chum boit un verre d’eau froide.)

    Moi : « 34 degrés… et moi, prisonnière de mon propre corps. J’aurais pu être une sirène. Je suis juste… un thon en convalescence. »

    Ma cicatrice : (hautaine) « Si tu veux me faire mariner dans une piscine chlorée, vas-y, mais je te préviens, j’ouvre grand et j’infecte. »

    Mon chum : « On pourrait aller marcher au parc… »

    Mon compte bancaire : (d’une voix grave) « Oui, c’est gratuit… mais pas de glace, pas de limonade, et ta gourde en plastique qui sent le vieux lave-vaisselle. »

    Moi : « Génial. L’été de mes rêves. »

    Scène 2 – Les rêves brisés de road trip

    Moi : On pourrait gazer le camion et partir à l’aventure, grimper une montagne, faire… »

    Ma cicatrice : « Tu me forces à lever un bras et je te renvoie direct en mode urgence. »

    Mon chum : « Et on n’a pas d’argent en fou… »

    Mon compte bancaire : « Non je le confirme…»

    Moi : « Ok… mais je t’ai quand même fait une affiche sur Canevas pour ton condo… »

    Mon chum : « Encore une ? » (Oui je l’exaspère)

    Moi : « Oui, avec une phrase façon agent d’immeuble… « Superbe condo, super bien situé à distance de marche de tout les commerces et restos tendances d’Hochelag »

    Ma cicatrice : « Traduction : Elle veut voyager et avoir un chalet. »

    Scène 3 – Gastronomie de crise

    Moi : « Ce soir, pizza ? »

    Mon compte bancaire : « Non. Pâtes. Sans sauce si possible. »

    Ma cicatrice : « Moins d’effort pour moi. »

    Mon chum : « Avec du beurre, au moins ? »

    Moi : « Allez, on vit dangereusement. »

    Scène 4 – Romantisme low budget

    (Ampoule grillée. Pâtes collantes dans des bols.)

    Moi : « Tu te rends compte qu’on est jeunes et qu’on vit comme un vieux couple de retraités fauchés ? »

    Mon compte bancaire : « Et encore, eux, ils ont les rabais du mardi. »

    Ma cicatrice : « Moi, je suis quand même la star de vos soirées. »

    Mon chum : « Au moins, on a l’air climatisé… et on s’aime. »

    Moi : (lui sourit) « Ok… je retire ce que j’ai dit. On est riches…tu as tout à fait raison car nous sommes ensemble et c’est tout ce qui compte au final. »

    (Rideau. La clim continue de ronronner comme un chat rassurant.)

  • (ou comment briller quand ton compte en banque porte un survêtement troué et sent un peu la défaite)

    J’ai deux versions de ma vie dans ma tête :

    • La version Pinterest : je pars en voyage sur un coup de tête, je bois du champagne avec vue sur la mer, je marche au ralenti dans une robe qui vole au vent (parce que dans mon rêve il y a toujours un ventilateur géant quelque part).
    • La version réelle : je suis sur mon divan, en leggings avec un trou au genou, en train de scroller Airbnb « prix le plus bas » pendant que Gustave, mon chat, me fixe comme si j’étais son employée en retard de quart.

    Comme je refuse de choisir entre être fauchée et être fabuleuse, j’ai développé des techniques. Et comme Gustave aime beaucoup trop se mêler de mes affaires, il va commenter chacune de mes trouvailles.

    1. Airbnb : mon meilleur ami

    J’adore ces petits Airbnb mignons où la déco crie « on a tout acheté chez Ikea, mais pas la section chère ».

    L’astuce : partir hors saison. Oui, tu grelottes en marchant sur la plage en novembre, mais tu fais semblant que c’est romantique et tu postes la photo avec un filtre chaud.

    💬 Gustave : « Romantique ? On dirait surtout que t’essaies de survivre à un tournage de “Survivor : région froide”. »

    2. Les restos « apporter votre vin »

    Le rêve : boire un vin à 12$ au resto au lieu de payer 40$. Du coup, tu prends entrée ET dessert, et tu repars avec la satisfaction d’avoir arnaqué le système (même si c’est légal).

    Pro-tip : mets ta plus belle robe… même si tu finis la soirée en pantoufles à la maison.

    💬 Gustave : « La robe, oui… celle qui accroche tout ce qui bouge, y compris ma queue. »

    3. Les spéciaux de semaine : la vraie haute société

    Le mardi, je me sens comme une VIP du monde parallèle : resto vide, prix coupés, service rapide.

    J’ai déjà profité d’un spécial “pâtes à volonté” le mercredi… résultat : j’ai dû rentrer en position semi-couchée et négocier avec mon pantalon pour qu’il tienne jusqu’à la maison.

    💬 Gustave : « Haute société ? Tu as fini la soirée allongée avec une bouillotte sur le ventre. »

    4. La cuisine glamour à la maison

    Deux fraises coupées en triangle, un peu de sucre, et BAM : brunch fancy maison.

    Pour l’ambiance, je mets une bougie, une playlist « bruits de café » et je sors mes assiettes « pour les grandes occasions »… c’est-à-dire celles qui ne sont pas ébréchées.

    💬 Gustave : « Fancy ? Je te rappelle que la dernière fois, t’as renversé le sucre et j’ai marché dedans. »

    5. Les faux luxe

    Une bougie à 2$, un masque pour le visage à 1,50$, un fond sonore de piano… et soudain ma salle de bain devient un spa. Enfin, jusqu’à ce que l’eau devienne tiède et que Gustave gratte à la porte comme s’il était sur le point de mourir.

    💬 Gustave : « Je ne gratte pas pour mourir, je gratte pour vérifier que tu n’utilises pas mes serviettes. »

    6. Le budget « juste un »

    Je m’offre ce café hors de prix, mais juste un. Chaque gorgée est savourée comme si c’était du nectar sacré.

    Et évidemment, photo obligatoire. Pas pour frimer… juste pour me rappeler qu’un jour, j’ai bu quelque chose qui n’était pas soluble.

    💬 Gustave : « 8$ pour un café… tu sais que pour ce prix-là, tu pourrais m’acheter une fontaine à eau de luxe ? »

    7. Les vrais luxes, mais choisis

    Je dis non à dix petites sorties inutiles pour dire oui à une seule qui compte vraiment. Un concert, une escapade, un repas qui me donne envie de me rouler par terre de bonheur.

    Parce que c’est ça, la vraie richesse : les souvenirs qui te font sourire toute seule dans le bus.

    💬 Gustave : « Et qui me font, moi, manger mon souper deux heures en retard. »

    Conclusion

    Profiter de la vie sans se ruiner, c’est pas vivre dans la privation… c’est être stratégique.

    C’est savoir que parfois, un mardi à moitié prix vaut plus qu’un samedi à plein tarif. C’est accepter de boire du mousseux de dépanneur… mais dans une coupe en cristal. Et c’est surtout comprendre qu’on peut être fabuleuse avec un compte en banque tout rabougri.

    💬 Gustave : « Tant que tu reviens à l’heure pour remplir mon bol, tout va bien. »

    Morale de cette histoire ce n’est pas parce que l’on vit qu’on est riche 🤭🤭🤭 On choisit seulement….

  • … ou comment apprendre à essuyer un revers de la vie, même quand elle te dit non (pour le moment).

    Il y a des jours où je me sens invincible.

    Où j’ai bu un bon café, mis du mascara, et que j’ai l’impression que la vie me doit au moins un miracle, sinon deux.

    Et puis, il y a les jours où j’attends un appel. Une réponse. Une bonne nouvelle. Une confirmation que j’existe, que je mérite, que j’ai ma place quelque part.

    Et… non.

    Un petit non super cute, qui explique le pourquoi du comment, qui vient tout faire éclater dans ma tête.

    Pas parce que je suis fragile.

    Mais parce que je vis avec un trouble anxieux.

    Et que pour mon cerveau, une déception, ce n’est pas juste un revers : c’est une menace. Une preuve que tout est instable. Une alarme qui me hurle que je ne suis peut-être pas « assez »

    Alors je pleure. Seulement un peu… parce que je veux que ma vie soit à la hauteur de mes ambitions.

    Une déception, ce n’est pas une fin.

    Ça, je l’apprends tranquillement.

    Pas avec des phrases Pinterest. Pas avec des citations de coachs qui me parlent de « lâcher prise » pendant que je serre les dents.

    Je l’apprends dans la déception.

    Dans ce moment inconfortable où mon cœur se serre, où mes pensées s’emballent, où tout semble foutu… mais où, malgré tout, je reste là.

    Je respire.

    Je survis.

    Je découvre que je suis plus forte que je ne le croyais.

    Et si c’était pas la fin du monde ? Juste un détour ?

    Tu sais ce qui est beau dans une déception ?

    (Attends, ne pars pas. Je te jure que j’ai un point.)

    C’est qu’elle t’oblige à revenir vers toi-même.

    À te poser LA question que ton anxiété oublie toujours :

    Est-ce que ça veut dire que je ne mérite rien ? Ou est-ce que ça veut dire qu’il y a autre chose qui m’attend ?

    Le cerveau anxieux crie : « RIEN NE VA JAMAIS ALLER ! »

    Mais ton cœur, lui, il murmure : « Peut-être que ça ira… autrement. »

    Et ça, c’est puissant.

    Ma méthode (non scientifique mais testée dans les larmes)

    🧊 1. Je gèle le scénario catastrophe.

    Je le laisse exister, mais je ne le nourris pas. Il a déjà pris assez de place.

    (Genre, non, ce n’est pas parce que j’ai eu un rejet que ma carrière est finie, que je vais vivre dans une roulotte infestée de chats et manger des croquettes.)

    🌬 2. Je respire comme si j’avais oublié comment faire.

    Parce que c’est souvent le cas.

    Respirer. Vraiment. Pas juste survivre en apnée.

    📖 3. J’écris tout.

    Même si c’est laid. Même si c’est juste : « pourquoi ? »

    Écrire, c’est vider ma tête pour que je puisse recommencer à rêver.

    🎧 4. Je m’entoure de douceur.

    Une chanson qui me rappelle que je suis vivante. Mon amoureux qui ne me dit pas quoi faire, mais qui me répond avec un cœur.

    Gustave, qui ronronne sans se soucier de mes échecs humains.

    💗 5. Je me parle comme je parlerais à quelqu’un que j’aime.

    Pas comme un bourreau.

    Comme une alliée.

    Avec des mots tendres, même si j’y crois à moitié.

    Parce que je le sais : la douceur, ça finit par faire du chemin jusqu’à mes tripes.

    Et puis… je recommence à espérer.

    Pas tout de suite.

    Mais à un moment, ça revient.

    Je vois un lever de soleil. Un texto. Une blague plate. Une chanson des années 80 qui passe à la radio et que je chante à tue tête (oui, ça ne s’achète pas).

    Et je sens que mon cœur recommence à battre pour autre chose que l’anxiété.

    Je me rappelle que j’ai déjà survécu à d’autres déceptions.

    À des plus grandes, des plus injustes.

    Et que chaque fois, après le tsunami, j’ai retrouvé un peu de terre ferme.

    Et parfois même, une meilleure vue.

    Conclusion ?

    La vie va te dire non.

    Souvent au mauvais moment.

    Parfois de façon dégueulasse.

    Mais ton trouble anxieux ne détient pas la vérité.

    Ton cœur, lui, sait que tu peux te relever.

    Tu n’es pas en retard.

    Tu n’as rien manqué.

    Tu vis juste un détour, et bientôt, il te mènera ailleurs. Peut-être même à mieux.

    Alors pleure si tu dois.

    Hurle dans ton oreiller.

    Dis des gros mots.

    Et puis, quand t’es prête…

    Ouvre une petite fenêtre dans ta tête pour laisser entrer un brin d’espoir.

    Pas besoin que ce soit grand.

    Juste un petit courant d’air.

    Avec peut-être une paillette ou deux.

    Et qui sait ?

    La prochaine fois, c’est peut-être la vie qui cognera à ta porte.

    Et cette fois-là, elle te dira oui.

    💖✨

  • Jour… honnêtement j’ai arrêté de compter. Entre les mèches, les pansements, les compresses chaudes, les cris intérieurs et les regards douteux dans le miroir, j’ai perdu le fil. Ce que je sais, c’est que chaque jour, je vais au CLSC, chaque jour on me félicite, et chaque jour je réponds avec mon plus beau sourire de combattante mi-fière, mi-panique chronique.Parce que oui, mesdames et messieurs, apparemment, je guéris bien.

    Tellement bien que les infirmières sont quasiment prêtes à encadrer mon nombril. Elles me regardent comme si j’étais un mystère de la médecine, une exception post-op, une étoile brillante dans le ciel gris de la salle de soins. On me parle de belle cicatrisation, de tissus sains, de progrès rapides. Je hoche la tête, je respire, je retiens mes larmes d’angoisse et de fierté mêlées, et je me dis : “Bon… peut-être que mon corps n’est pas totalement une cause perdue.”

    Mais… (tu savais qu’il y aurait un mais, hein ?)

    Demain, j’ai LE rendez-vous.

    Le boss final. Le chirurgien. 👨‍⚕️

    Celui qui va mettre son petit crochet de médecin dans la case “OK” ou “retour à la case CLSC aux deux jours”. Et honnêtement, j’ai la chienne.

    Parce que c’est beau guérir aux yeux des infirmières, mais est-ce que c’est VRAIMENT guéri ?

    Est-ce que tout tient comme il faut là-dedans ?

    Est-ce qu’on m’a recousue en mode “œuvre d’art” ou en mode “patchwork précipité” ?

    Est-ce que je vais pouvoir enfin me projeter au-delà de l’instant présent ? Ou est-ce que je vais devoir replonger dans les pansements, la douleur, le doute, les nuits semi-assises parce que je ne peux pas dormir sur le côté ?

    Et là, entre deux pansements, je flotte dans un entre-deux émotionnel.

    Je suis contente. Mais stressée.

    Soulagée. Mais nerveuse.

    Fière. Mais sceptique.

    Un peu comme si mon cœur était en train de me faire vivre une avant-première de ma propre série médicale : “Anxieuse, mais mignonne – saison 3 : le retour du scalpel ?” 🏨

    Je fais semblant que je gère, que tout est sous contrôle, que je suis la reine de la résilience. Mais à l’intérieur, je suis une boule de ouate mouillée trempée dans de la caféine. Et Gustave, mon chat noir fidèle et juge silencieux, continue de m’observer avec son regard de vieux philosophe désabusé. Je sais qu’il me trouve dramatique, mais bon. Il n’a jamais eu de pansement collé sur l’âme, lui. 🐈‍⬛🐈‍⬛🐈‍⬛

    Je me répète que je suis chanceuse. Que ça aurait pu être pire. Que je suis en train de remonter la pente. Mais je ne peux pas empêcher ce petit hamster dans ma tête de courir, courir, courir, jusqu’à ce fameux rendez-vous. Celui qui décidera si je peux tourner la page ou si je dois en écrire un autre chapitre sous anesthésie.

    Alors en attendant, je me maquille un peu même pour aller au CLSC. Je garde mes bijoux même si je suis en mou. Je mets du parfum pour aller me faire soigner une plaie. Parce que même dans le doute et l’attente, je reste fidèle à moi-même : panique… et paillettes. ✨✨✨

    Rendez-vous demain pour le verdict. 🥁🥁🥁

    En espérant qu’il me dise enfin :

    “C’est beau, c’est solide, vous êtes libre.”

    Parce que si c’est le cas… j’achète du mousseux. Même si je suis encore sur Advil. Et je pars le cœur léger pour 4 jours à Magog…. D’autres aventures à suivre !!! 🍾🍾🧳🧳

  • Au départ, c’était juste une “cure d’hernie”. Un petit mot doux et rassurant, presque mignon, pour une petite bosse qu’on allait régler en deux temps, trois mouvements. Tsé, une opération de routine. Quelques jours de repos. Netflix. Glace. Siestes.

    Et là… SURPRISE.

     Un abcès est venu s’inviter dans la plaie. L’infection. La chaleur. La douleur. Et maintenant ?

    Me voilà abonnée au CLSC. Une vraie carte de membre. Je connais les corridors, les horaires, les visages, les voix. Heureusement l’équipe est gentille. Je me fais mécher, dé-mécher, panser, ré-panser. Chaque jour. Tous les jours. Jusqu’à probablement la fin de ma vie (ou de l’été, mais honnêtement, la fin de ma vie semble plus probable en ce moment).

    Et là, aujourd’hui, Jour 4, c’est le moment du changement de pansement de l’espérance et de la douleur.

    Je m’installe sur la table. En petite boule de vulnérabilité. Et c’est là qu’elle arrive.

    L’infirmière du jour. Ultra qualifiée. Super douce. D’un calme olympien. Le genre de personne qui te regarde et t’as envie de lui confier ton testament et ton chat.

    Mais voilà… on partage quelque chose de spécial.

    Un petit trouble anxieux.

    Oui, madame aussi vit avec une montagne russe dans la tête. Et ça, je le devine vite… parce qu’elle pense à voix haute. Très fort.

    – « Ouf, c’est encore profond. »

    – « Bon, y’a un peu de fibrine, mais c’est pas dramatique. Quoique… hmm… »

    – « Ah, la mèche était longue hier, on va voir si ça referme. Ou pas. »

    – « Ça coule plus que je pensais. Bizarre. »

    – « Faudrait te poser un vac …. Ton chirurgien t’en a parlé ??? Ta guérison serait plus facile surtout à la profondeur de ta plaie. »

    (Un vac ???? De kessé 🤯)

    Et là, moi. Allongée. Le ventre exposé. Mon cerveau allumé sur le mode panique nucléaire.

    Chaque mot me propulse dans une spirale de scénarios dignes de STAT. Mon anxiété prend le contrôle, mes pensées galopent dans toutes les directions.

    Alors je finis par sortir un petit :

    « Juste te dire… je fais un trouble anxieux généralisé. Pis j’suis médicamentée, là, faque tes observations à voix haute… comment dire… je les absorbe comme une éponge en panique. »

    Elle me regarde. Sourit. Et me dit tout calmement :

    « Moi aussi. Je suis médicamentée aussi. »

    Et là…

    HIGH FIVE D’ANXIEUSES.

    Un vrai. Un sincère. Dans la ouate et le gel antiseptique. Deux cerveaux en overdrive qui se comprennent.

    Et après ça ?

    Elle a adapté son discours.

    Elle m’a expliqué ce qu’elle faisait.

    Elle a validé mes peurs sans les nourrir.

    Et moi, j’ai respiré pour vrai pour la première fois depuis 96 heures.

    Comme quoi, parfois, ça prend juste un peu d’humanité, un peu d’humour, et une bonne dose de médication pour traverser les journées difficiles.

    Je suis encore pleine de mèche. Encore en douleur. Encore confuse sur combien de jours, semaines ou lunes ça va durer.

    Mais aujourd’hui, j’ai rencontré quelqu’un qui m’a comprise, même dans mon bordel intérieur.

    Et ça, c’est précieux.

  • Panique et Paillettes – Le trouble anxieux pour les nul·le·s (et les très sensibles)

    Bon. On va se dire les vraies affaires.

    Il y a des jours où j’ai de la difficulté à respirer… pas parce que j’ai couru un demi-marathon (soyons sérieux), mais parce que mon cerveau a décidé de partir en voyage sans mon consentement. Destination : le pire scénario possible. Et non, ce n’est pas juste une petite inquiétude passagère. Ce n’est pas une phase. C’est ce qu’on appelle un trouble anxieux. Et spoiler alert : c’est pas cute.

    Mais comme tout est plus facile à digérer avec une touche de brillants, laissez-moi vous expliquer ça à ma manière.

    C’est quoi un trouble anxieux?

    Imagine que ton cerveau a un système d’alarme intégré, comme un détecteur de fumée.

    Chez la majorité des gens, ce détecteur se déclenche quand il y a vraiment du feu : une urgence, un danger, une entrevue stressante. Normal.

    Mais chez les personnes avec un trouble anxieux (bonjour, moi 👋), ce détecteur part pour n’importe quoi :

    – un texto non répondu,

    – un appel manqué,

    – un “j’ai quelque chose à te dire” laissé en suspens,

    – un regard bizarre de la caissière chez Maxi,

    – ou simplement… rien. Juste l’idée de “et si”.

    C’est comme si mon cerveau vivait constamment en mode alerte rouge, même quand tout va bien. Et ça, c’est épuisant. T’sais, essayer d’être fonctionnelle alors que ton cœur fait du tambour dans ta poitrine pis que tes pensées galopent comme un troupeau de chevaux en panique… c’est pas idéal pour plier ton linge ou remplir ta déclaration d’impôts.

    Mais c’est pas dans ta tête, ça?

    Oui. Et non.

    Oui, c’est dans ma tête — c’est mon cerveau qui s’emballe.

    Mais non, ce n’est pas imaginaire. Ce n’est pas exagéré. Et ce n’est surtout pas juste “être stressée un peu”.

    Un trouble anxieux, c’est un déséquilibre réel. Il y a des substances chimiques dans le cerveau qui s’emballent (comme la dopamine, le cortisol, la sérotonine, etc.), et ça vient affecter :

    – le sommeil,

    – l’humeur,

    – le système digestif,

    – la concentration,

    – la capacité à fonctionner,

    – pis des fois… juste à sortir de chez soi.

    Les symptômes? Attache ta tuque.

    Parce que ça se présente de bien des façons. Parfois, c’est très physique :

    • le cœur qui bat vite pour rien,
    • les mains moites,
    • des tremblements,
    • un étourdissement bizarre,
    • mal au ventre,
    • sueurs froides,
    • impression d’étouffer.

    Et parfois, c’est plus sournois. Tu dors mal. Tu rumines. Tu fais semblant que tout va bien à l’extérieur, mais à l’intérieur, tu as l’impression d’être sur le bord du précipice.

    Moi, par exemple, je peux avoir l’air “normale” (ou même festive, mettons un bon eyeliner), mais en dedans, c’est la guerre. Je fais mes tâches en pilote automatique, je souris, je ris même… mais ma tête est en feu. Et Gustave, mon chat, me regarde genre :

    “Tu fais encore de l’hyperventilation parce que t’as oublié de fermer la lumière du salon? Sérieusement?”

    Ce que ce n’est PAS

    👉 Ce n’est pas être faible.

    👉 Ce n’est pas vouloir attirer l’attention.

    👉 Ce n’est pas juste “faire de l’anxiété comme tout le monde un peu”.

    Et surtout : on ne le choisit pas.

    C’est pas parce que j’ai “pas assez médité” ou que je bois du café (ok, peut-être un peu le café, là… mais j’en ai besoin pour survivre). Le trouble anxieux n’a pas de bouton “off” qu’on active quand ça fait notre affaire. C’est là. Tout le temps. Parfois en sourdine, parfois en mode full karaoké.

    Alors, on fait quoi?

    On survit.

    On s’adapte.

    On apprend à vivre avec.

    Moi, j’ai appris à écouter les signaux. À me donner du temps. À dire non. À faire une pause quand mon corps crie stop. J’ai commencé une thérapie. J’ai respiré. Beaucoup. J’ai aussi pleuré dans des toilettes de lieux publics, mais ça, c’est une autre histoire.

    J’ai arrêté de me taper dessus quand je suis “moins performante”. Parce qu’être performante, quand t’es anxieuse, c’est déjà de te lever pis de te laver les dents. C’est déjà énorme.

    Et surtout… j’en parle.

    Parce que le trouble anxieux aime se nourrir du silence et de la honte. Alors je le sors au grand jour. Avec des paillettes. Et un peu de mascara qui coule, ok, mais au moins je le vis pour vrai.

    Si toi aussi tu vis ça…

    Sache que tu n’es pas bizarre. Tu n’es pas seul.e.

    Tu n’es pas une “drama queen” ou un “faible”.

    Tu es juste un humain avec un cerveau qui pense beaucoup trop et un cœur qui a peur d’avoir mal.

    Parle-en. Va chercher de l’aide. Demande un câlin. Respire. Bois de l’eau.

    Et rappelle-toi : il y a de la place pour ton anxiété et ta lumière.

    Tu peux être une boule d’angoisse et une étoile scintillante.

    Tu peux être en panique… et pleine de paillettes.

    Moi, je suis les deux.

    Et c’est correct.

    .

  • Panique, plaies et paillettes — saison 2 : le retour de bébé Ernie

    Mon bébé Ernie est de retour.

    Oui, celui que j’avais naïvement cru laisser derrière moi, rangé dans la section « événements traumatisants à ne pas revivre », entre mon secondaire 3 pis la gastro de Noël dernier. Mais non. Il a décidé de faire son grand retour. En force. En éclat. Avec effets spéciaux internes.

    Et avec lui, un petit bidon gonflé qui me donne fièrement l’air d’être enceinte de 6 mois. Je vous jure, il ne manque que le shower et la liste de prénoms. (Herniette, peut-être ?)

    Tout a commencé avec une douleur qui montait, un inconfort sournois. Puis un moment de panique. Puis l’urgence. Encore. Cette ambiance fluo-blafarde, les questions de routine, et l’impression d’être une actrice récurrente dans une mauvaise télésérie médicale : « Nous retrouvons Isabelle, 43 ans, éducatrice et survivante d’une hernie précédente, pour un nouvel épisode de “Mais qu’est-ce qu’elle a encore ?!” »

    Scanner.

    Attente.

    Sueurs froides.

    Puis la fameuse phrase : « On va devoir drainer ça. »

    Et là, on m’annonce avec calme et détachement (mais pas de compassion, non, faut pas trop en donner, voyons) :

    Un abcès. Un vrai. Une masse. Une prune.

    Et pas celle qu’on cueille à la mi-août, hein. Une prune bien logée dans mes tissus, qui pousse et qui fait mal à respirer.

    Pour commencer le doc me dit « on va passer par la plaie c’est indolore » de quesser c’est indolore ??? Ça fait mal je pleure, il me gèle, je pleure… il me retire 4 seringues de liquide !!!

    Le désespoir. Et la souffrance. Et les mèches.

    Oh, les joyeuses mèches, qu’on insère dans la plaie comme on garnirait un gâteau (un gâteau de l’enfer). À changer tous les jours. Tous. Les. Jours. CLSC, transport, pansement, panique. Et le tout sans vin blanc.

    Est-ce que j’ai pleuré dans mon char en sortant du centre de soins ? Peut-être. J’ai pleuré toute la journée en fait. Est-ce que j’ai eu envie d’appeler ma mère en hurlant « pourquoi moiiiiiii » ? Absolument.

    Mais au lieu de ça, je suis rentrée chez moi, je me suis étendue sur le divan avec mon nouveau bedon de 6 mois, et j’ai essayé de me convaincre que tout ça finirait bientôt.

    (Spoiler : pas tout de suite.)

    Entre deux changements de pansement, je vois passer des photos d’amis sur un voilier, de cocktails colorés, de peau bronzée. Moi j’ai un abdomen gonflé, des anti-inflammatoires qui me donnent mal au cœur et une routine de soins digne d’un film d’horreur à petit budget.

    Mon chum essaie de me rassurer, mais son regard dit tout : « Ça va être long cet été-là. »

    Et Gustave, le roi félin de la maison, ne se gêne pas pour me fixer comme si j’étais la reine des décisions douteuses. Il s’approche parfois pour flairer mon ventre, puis retourne se coucher, dégoûté.

    Lui aussi, visiblement, préférait quand j’étais juste anxieuse, pas infectée.

    Mais bon.

    C’est ça, la vie. Des fois, tu veux des paillettes, pis tu reçois des mèches. Tu veux un break, pis on te donne une plaie ouverte. Tu veux guérir vite, pis on te colle un suivi à tous les jours au CLSC, avec sourire forcé et jaquette laide.

    Alors je respire.

    Je me soigne.

    Je râle aussi, beaucoup.

    Mais j’avance, mèche par mèche.

    Et qui sait, peut-être qu’à la fin de cette étrange grossesse d’Ernie, je finirai par accoucher d’un peu de paix. Ou au moins d’un mois de repos réel.

    Je souhaite remercier le personnel de l’hôpital Pierre Boucher… j’ai été prise en charge immédiatement et j’ai eu des soins exceptionnels !!! Vous êtes incroyables, préposés, infirmiers (ères) et médecins ❤️ Je vais beaucoup mieux grâce à vous !!!!

  • Je pensais que j’allais être forte. Pas genre forte comme dans “je me relève d’un chagrin d’amour avec un verre de vin et une playlist de Florence + The Machine”, mais forte comme dans “je reviens d’une chirurgie en courant presque, je fais mon lavage en même temps que mes redressements assis, et je retourne au travail après, quoi… une semaine ? Deux max.”

    Spoiler alert : NON.

    🌪️ Panique et

    J’ai peut-être une cape invisible (et quelques cicatrices fraîches), mais là, je souffre le martyre. Littéralement. Genre “je pleure en mettant mes bas” et “je supplie mon chum de me ramener une compote comme si c’était du champagne”.

    Le clash entre le mental et le corps

    Le doc m’avait dit un mois de repos. Un. Mois.

    Moi, j’ai souri poliment, intérieurement j’ai levé les yeux. “Ok mais moi, je suis pas comme les autres”, j’ai pensé.

    Ben… guess what?

    Le corps, lui, il s’en fout que tu sois “pas comme les autres”. Il te rappelle que t’es faite de muscles, de nerfs, de tripes sensibles et d’une capacité de récupération qui n’est pas commandée par ta volonté, mais par la biologie.

    Et moi, j’ai jamais été très amie avec la patience. Je suis plus du genre “on accélère, on performe, on s’adapte”.

    Mais là, je m’adapte à ne rien faire. Et c’est l’enfer.

    Le repos, c’est pas reposant

    Ce qu’on ne dit pas, c’est que le repos imposé, ça gruge la tête autant que le corps.

    T’es là, dans ton lit, ou semi-affalée sur le divan, avec ton corps qui fait « ouch » à chaque mouvement, et ton cerveau qui crie :

    “FAIS QUELQUE CHOSE! TU VAS PRENDRE DU RETARD! LE MONDE CONTINUE SANS TOI!”

    Pendant ce temps, tu scrolles sur Instagram des filles en leggings qui font des squats et mangent des bols d’açai…

    Et toi t’es là, avec ta compote de pommes et ton coussin de soutien lombaire.

    La honte de ne pas “gérer” comme on voudrait

    Je me surprends à avoir honte d’être en convalescence, comme si j’avais manqué à une performance invisible.

    Comme si “bien récupérer” voulait dire récupérer rapidement, sans douleur, avec le sourire.

    Mais en fait, c’est normal d’avoir mal. Normal de se sentir vidée. Normal de ne pas vouloir parler à personne.

    Et même normal de se dire : “Cr*ss, j’aurais dû écouter le médecin.”

    La vérité : être forte, c’est être molle un peu

    Aujourd’hui, je lâche prise. Pas par sagesse.

    Juste parce que j’ai plus le choix.

    Je suis une humaine, pas un projet Pinterest.

    Je suis en train d’apprendre à laisser mon corps me parler… même si je trouve qu’il gueule un peu fort.

    Alors je me glisse dans mon cocon.

    Je respire. Je râle. Je pleure un peu (ou beaucoup).

    Et je me promets d’arrêter de me juger pour ne pas être superwoman.

    Parce que ce soir, j’ai besoin de repos, pas de médailles.

    Et de compote. Beaucoup de compote.

  • 💼📉 

    Laissez-moi vous raconter comment j’ai vécu 48 heures de terreur fiscale et existentielle, causée non pas par un tremblement de terre, un incendie ou un chat vomissant sur mon oreiller…

    Non.

    Par un relevé d’emploi.

    Un simple fichier PDF.

    Une petite page numérique.

    Mais dans mon monde, ce fut le début de l’effondrement.

    Je pensais avoir tout vu cet été.

    L’anesthésie locale qui ne gèle rien sauf ton âme.

    Ernie, l’hernie qui refuse de quitter mes abdos et qui fait vibrer ma garde-robe.

    Les bleus qui changent de couleur plus souvent que mon humeur.

    Le vin qui n’est plus froid quand j’en ai besoin.

    Et mon miroir qui me renvoie l’image d’une femme forte mais profondément lasse.

    Mais non.

    Le destin, joueur cruel et sarcastique, m’a glissé sous la porte…

    UN RELEVÉ D’EMPLOI EN DEUX COPIES.

    🫣 

    Un lundi noir, une robe de chambre, un chignon fatigué

    Je me lève, naïve.

    Je m’installe avec mon café (froid, évidemment).

    J’ouvre mes courriels. Et là, BAM : le relevé. Je clique.

    Et c’est là que tout bascule.

    Quelque chose cloche.

    Les dates ne concordent pas.

    Mon cerveau, encore en mode “semi-guérie post-op avec des paillettes collées dans la sueur”, fait deux plus deux et obtient :

    « Je suis ruinée. »

    J’entre dans une zone de panique silencieuse mais spectaculaire.

    Le genre de moment où tu ne cries pas, mais où chaque cellule de ton corps est en feu.

    Je relis. Je zoome. Je soupire. Je lance un « ah ben tabarn*** » en stéréo.

    Mon chat Gus me regarde, inquiet. Ou blasé. Difficile à dire.

    📞 

    L’appel : une épreuve spirituelle

    Je prends mon téléphone.

    Je compose le numéro.

    Je tombe sur le robot le plus lent de l’histoire du progrès technologique.

    Je cherche le nom avec celle à qui je dois parler, celle qui a écrit mon relevé d’emploi avec la même fébrilité qu’une bombe à désamorcer.

    Et là, la musique d’attente.

    Une petite ritournelle technotronique qui me fait douter de mes choix de carrière, de mes valeurs, et de la place de l’humanité dans l’univers.

    Je respire dans un sac en papier invisible.

    Je pleure un peu, en silence, pour moi, pour les femmes fortes, pour les éducatrices qui n’ont pas lu jusqu’en bas du PDF.

    Je ne réussis pas à parler à un humain ce jour-là.

    Juste à moi-même, dans une spirale de peur, de colère et de calculs financiers faits avec une main tremblante.

    🕯️ 

    J’envisage sérieusement de vivre sans revenu

    Je me vois déjà :

    • Vendant mes meubles un par un ;
    • M’abonnant à des concours radio pour manger ;
    • Faisant une capsule YouTube intitulée :

    « Comment survivre 2 mois avec des pois chiches, un chat sarcastique et un fond de blush. »

    Je rédige mentalement ma lettre à Revenu Canada pour leur demander la grâce.

    Je commence à chercher un endroit dans la maison où je pourrais faire pousser du basilic en masse et l’échanger contre des œufs.

    Et là… elle arrive.

    👯‍♀️ MEL. La déesse. La lumière. L’intelligence administrative incarnée.

    Mel, ma meilleure amie, débarque chez moi en héroïne non annoncée.

    Elle entre avec une bouteille de blanc (pas de panique rendu là c’est l’après midi quoi que…) dans une main et un sourire dans l’autre.

    Je lui explique, dramatiquement :

    « Je suis finie. Mon relevé est erroné. Je n’aurai plus un sou. Je vais devoir vendre mon chat ou faire du théâtre de rue. »

    Elle m’écoute, compatissante, patiente, calme.

    Puis elle prend mon téléphone, regarde le relevé…

    Et me dit, avec la douceur d’une mère et la précision d’une analyste de données :

    « Euh… Isa. C’est parce que tu as deux relevés.

    Un pour ton arrêt maladie. Un pour la suite.

    Tu ne l’as simplement pas reçu encore. »

    🫠 

    Le moment où je fonds comme une chandelle IKEA

    Silence.

    Même Gus lève une patte au ciel comme pour dire :

    « Voilà, c’est ça ton cerveau post-op ? »

    Je ris.

    Un rire gêné.

    Un rire de femme qui vient de vivre 48 heures de panique existentielle pour RIEN.

    Je tombe dans les bras de Mel (façon figurée, j’ai encore mal au ventre).

    Je la remercie.

    Je l’aime.

    Je la vénère.

    Et je m’excuse à mon reflet dans le micro-ondes, qui m’a vu pleurer en pyjama rose avec une compresse sur le nombril.

    🍷 

    Conclusion : j’ai eu l’air folle. Mais j’étais magnifique.

    Oui, j’ai paniqué.

    Oui, j’ai frôlé le burn-out administratif.

    Oui, j’ai envisagé d’ouvrir un OnlyFans de photos de mon relevé annoté.

    Mais j’ai survécu.

    Avec dignité (enfin, plus ou moins), mascara (un peu coulé), et une meilleure amie qui mérite un Oscar.

    Et maintenant, je le sais :

    Toujours lire jusqu’au bas du PDF.

    Toujours avoir une Mel dans sa vie.

    Et toujours mettre du gloss avant de paniquer : on ne sait jamais qui va sonner à la porte.

  • TRIGGER WARNING 🚨🚨🚨🚨

    ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR, PASSEZ À UN AUTRE ARTICLE !!!

    👑💔 

    Ma cure d’hernie épigastrique : ou comment j’ai failli mourir (mais cute) sur une table d’opération en plastique cheap – avec mon chum en aidant naturel pis Gus en superviseur passif-agressif

    Tout le monde a ses batailles.

    Y’en a qui grimpent l’Everest.

    Y’en a qui élèvent quatre enfants sans perdre leur âme.

    Et y’a moi, qui ai tenté de survivre à une chirurgie mineure… sans anesthésie générale, pis sans perdre ma dignité (bon, presque).

    Tout ça pour un petit mot médical qu’on m’a lancé comme une caresse : hernie épigastrique.

    Une petite bosse, rien de grave qu’ils disaient.

    Un défaut, un trou minuscule entre mes abdos, qui voulait juste avaler un petit bout d’intestin, question de spice up ma routine.

    Je me suis dit : « On va régler ça. Facile. Rapide. Un mercredi matin et hop, retour à la vie. »

    Ahahahahaha.

    HAHA.

    🫠 

    L’entrée en enfer (section ambulatoire)

    Le jour J arrive.

    Je suis nerveuse, mais mon chum est là. Mon fidèle aidant naturel, zen, souriant, qui me regarde comme si j’étais la chose la plus précieuse au monde… avec des tripes légèrement désorganisées.

    — « T’as rien à craindre, c’est une routine. »

    Il m’a dit ça pendant qu’on m’installait sur une table rigide comme le jugement de Dieu.

    Routine mon œil.

    Le médecin arrive, lunettes de travers, air fatigué. Un gars qui a vu trop de ventres et pas assez de couchers de soleil.

    Il me lance :

    « On fait ça sous anesthésie locale. »

    Et là, tout a basculé.

    Parce que ça voulait dire : JE VAIS ÊTRE LÀ. ÉVEILLÉE. POUR LE SHOW.

    💉 

    La recherche de l’hernie perdue

    Je suis couchée, vulnérable, mon chum banni de la salle mais en mode soutien psychologique par textos (« tu vas être correcte, je t’aime ») pendant que moi je tente de ne pas grimper au plafond).

    Et là, le chirurgien commence à fouiller.

    Il palpe. Il pousse. Il tâte.

    Et là, je l’entends dire, comme dans un mauvais rêve :

    « Je la trouve pas. »

    QUOI?!

    Tu me niaises là. C’est pas une chaussette dans une sécheuse, c’est UNE HERNIE. Mon ventre a littéralement changé de forme pour elle. Elle est là depuis des années à me rappeler sa présence chaque fois que j’éternue.

    Et lui, il joue à Trouve l’objet caché, pendant que moi je suis semi-gelée et pleinement traumatisée.

    💀 

    Et puis… le trou est trop petit

    Quand ils finissent ENFIN par la localiser, nouvelle révélation tragique :

    « Le trou est trop petit pour faire rentrer les intestins. »

    Et là, j’ai vu ma vie défiler.

    Mais pas en belles images.

    En factures, en recettes pas cuisinées, en cris étouffés.

    Ils ont forcé. Poussé.

    Mon ventre est devenu une salle d’évasion pour organes désillusionnés.

    Et moi, j’étais là, témoin actif de mon propre carnage interne.

    On m’a gelée quatre fois.

    QUATRE. FOIS.

    À ce stade, je pense que j’étais plus anesthésiée émotionnellement que physiquement.

    🫄🏻

    Ernie, mon fils intérieur non désiré

    En sortant de là, j’avais le ventre enflé, gonflé, tendu comme une promesse brisée.

    Et c’est là qu’Ernie est né.

    Mon petit héritage abdominal.

    Un genre de grossesse nerveuse version intestinale.

    Ernie, la bosse post-op, celui qui pique, gratte, tire et refuse de se faire oublier.

    Mon chum m’a regardée, l’air inquiet et un peu fasciné.

    — « On dirait que t’as avalé une boule antistress. »

    C’est pas faux.

    Il m’a ramenée à la maison avec la délicatesse d’un soigneur de pandas blessés.

    Il m’a installée dans le lit.

    Couvertures ajustées. Oreillers stratégiques. Compresse froide.

    Et il a prononcé les mots les plus romantiques de l’année :

    « Je t’ai préparé un grilled cheese pis j’ai mis ta doudou dans la sécheuse. »

    🛌 

    La convalescence façon tragédie grecque

    Depuis, je vis allongée.

    Comme une princesse damnée.

    Une créature opérée, qui gémit pour se lever pis qui rit sans bruit pour pas faire éclater sa suture.

    Mon chum gère la logistique :

    — Il me passe la télécommande.

    — Il me nourrit (fromage en cubes et soupers tièdes livrés à la chambre).

    — Il me flatte les cheveux pendant que je me plains avec poésie :

    « J’me sens comme une lasagne mal assemblée. »

    Et Gus, ce chat noir stoïque, est là.

    Toujours là.

    À nous juger de son coussin comme si tout ce chaos l’empêchait de méditer.

    🕯️ 

    Moralité : j’ai pas accouché, mais j’ai une bosse pis un homme exceptionnel

    J’ai pas de bébé à présenter.

    Mais j’ai un Ernie qui s’accroche à ma peau.

    Un chum qui m’aime même avec des bleus en forme de continents sur le ventre.

    Un chat qui veut ma place sur le lit.

    Et une dignité qui pendouille à une pince de salle d’op.

    Mais surtout…

    J’ai survécu.

    Avec des gémissements, un peu de vin blanc, du sarcasme, et les bras d’un homme qui m’a dit :

    « Même gonflée, t’es belle. »

    Alors ouais. À Panique et Paillettes, on ne vit pas des moments ordinaires.

    On survit à des chirurgies locales comme à des guerres.

    Et on le fait couchée, avec des paillettes dans le regard, une compresse sur le ventre et un cœur un peu plus grand que notre nombril cicatrisé.