💩✨Panique et Paillettes : L’Ode à la Guenille héroïque
Ce matin, j’aurais voulu que la Terre s’arrête de tourner. Juste cinq petites secondes pour me permettre de comprendre ce qui venait de se passer. Mais non, l’univers avait visiblement décidé que ma santé mentale serait son sacrifice du jour.
Scène d’ouverture : un enfant avec un regard inquiet. Je me dis : tiens, il a l’air gêné. Spoiler : il n’était pas gêné. Il était beurré. De la nuque jusqu’aux chevilles. Un caca tellement ambitieux qu’il aurait pu avoir son propre code postal. Le genre de truc qui te fait remettre en question ton choix de carrière, ton karma, et ta capacité à respirer sans pleurer.
Pendant que j’essaie de ne pas hurler en regardant la scène de crime, un deuxième lutin décide que c’est le moment idéal pour se soulager, là, debout, comme s’il participait à une performance artistique sur le thème de « la liberté et l’urine ». Et pendant que j’épongerais volontiers ma dignité, un troisième exhibe fièrement sa pull-up mal attachée, qui pendouille comme un drapeau blanc de capitulation.
Je suis officiellement en guerre contre les fluides corporels.
Et me voilà, éducatrice aguerrie, gestionnaire de crise improvisée, les yeux injectés d’adrénaline et le cœur battant comme si j’étais dans un film catastrophe intitulé Presco 4 ans : le soulèvement des culottes sales.
À ma gauche, ma nouvelle recrue — un homme habitué à des 9-10 ans, qui n’a jamais vu autant de matière organique de sa vie. Son regard ? Celui d’un chevreuil paralysé par les phares d’un pick-up. Il ne bouge plus. Il observe. Il… regrette ses choix de carrière.
À ma droite, ma technicienne, morte de rire. Le genre de rire qui ne t’aide pas du tout, mais qui te rappelle que oui, tout ça est bien réel. Elle a juste le temps de me dire :
« J’peux pas croire que t’as vécu ça en cinq minutes. »
Cinq minutes. Cinq. Petites. Minutes.
Entre le calme olympien d’avant et la tempête de merde (au sens propre) d’après.
Moi, je cours, je lave, je panique intérieurement, je fais semblant de garder mon sang-froid. J’ai un gant à la main, une pile de guenilles qui crie à l’aide, et la noble mission de sauver des vêtements condamnés à la poubelle.
Et à un moment, je l’avoue : l’idée de passer les enfants au boyau d’arrosage m’a traversé l’esprit. Juste un petit pschhhht d’efficacité. Mais non. C’est « pas professionnel », qu’ils disent. J’imagine que les droits de l’enfant incluent aussi celui de rester crotté pendant que je cherche des lingettes biodégradables.
Alors, je nettoie, je respire, j’essuie, je désinfecte mon âme.
Les autres enfants, eux, me regardent avec fascination. Comme si j’étais en plein documentaire animalier :
« Regardez, les enfants, une éducatrice dans son habitat naturel, entourée de désespoir et de serviettes humides. »
L’adrénaline est à 250 000. Mon cerveau tourne plus vite que ma machine à laver. Je me surprends à réciter intérieurement des prières, des incantations, et même des menaces : si un autre me dit qu’il a envie, je démissionne, je pars ouvrir une boutique de chandelles à Magog.
Et pourtant, je reste debout. Les cheveux collés, les mains tremblantes, mais encore debout. Parce qu’au fond, je suis cette femme. Celle qui réussit à sourire (un peu hystériquement, certes) au milieu d’un carnage.
Je brille, littéralement — entre la sueur, les larmes et le désinfectant.
Ce n’est pas du highliner, c’est de la survie.
Et quand enfin, tout est propre, que les petits sont rhabillés, que l’odeur commence à s’estomper, je m’assois un instant. Je respire. Et je me dis :
« Voilà. Une autre journée glamour sous le signe de Panique et Paillettes. »
Parce qu’il y a des héroïnes en talons… et il y a moi, en espadrilles pleines d’eau savonneuse, qui sauve le monde une guenille à la fois. 💅💀🧻