• Marketplace, c’est ce moment précis où tu réalises que l’humanité n’est pas perdue…

    elle est juste mal organisée, pas capable de lire, et chroniquement en retard.

    Tout commence avec une intention pure.

    Presque spirituelle.

    Un meuble en trop.

    Un déménagement.

    Une envie de renouveau.

    Tu te dis : « Je vais vendre ça. Ou le donner. Ça va être simple. »

    Spoiler : non.

    Tu prends les photos.

    Pas UNE photo.

    Non non.

    SIX.

    De face.

    De côté.

    De près.

    De loin.

    Avec une règle pour les mesures parce que t’as appris de tes erreurs passées.

    T’éclaires la pièce comme si tu tournais une pub d’Habitat 67.

    Tu nettoies.

    Tu déplaces.

    Tu caches le désordre existentiel hors champ.

    Ce meuble-là n’a jamais été aussi beau.

    Il n’a jamais été aussi prêt à quitter ta vie.

    Tu écris la description la plus claire que l’esprit humain peut produire :

    « Encore disponible. Pas de livraison. Argent comptant. Premier arrivé premier servi. »

    T’as littéralement écrit un mode d’emploi.

    Et pourtant…

    Le premier message arrive :

    — « Encore dispo ? »

    Là, déjà, quelque chose se fissure en toi.

    Mais tu réponds.

    Poliment.

    Parce que t’es civilisée.

    Parce que t’as encore foi en l’humanité pour environ 4 minutes.

    Puis ça enchaîne.

    — « C’est quoi le dernier prix ? »

    Le dernier prix, c’est celui que j’ai écrit.

    Y’a pas de promo éclair.

    Y’a pas de rabais émotionnel.

    C’est un meuble, pas une liquidation de fin du monde.

    — « Tu peux livrer ? »

    Non.

    J’ai pas de camion.

    J’ai pas de dos.

    J’ai pas signé pour être un service de déménagement communautaire.

    — « J’habite loin. »

    Moi aussi, loin de la patience.

    Quand tu DONNES un meuble, là c’est l’apocalypse version gratuite.

    Gratuit, ça déclenche une transformation inquiétante chez les gens.

    Ils passent de « intéressé » à « client-roi halluciné ».

    — « Est-ce qu’il est en parfait état ? »

    Non.

    Il est gratuit état.

    — « Est-ce que tu peux le réserver jusqu’à la semaine prochaine ? »

    Non.

    C’est pas un Airbnb.

    — « Est-ce que tu peux le démonter et le descendre ? »

    Bien sûr.

    Veux-tu que je te le monte chez vous et que je te félicite d’être venu ?

    Les rendez-vous sont un chapitre à part.

    Un roman.

    Un thriller psychologique.

    — « J’arrive à 18h tapant. »

    18h00 : toi prête.

    18h10 : tu regardes dehors.

    18h20 : tu refresh les messages.

    18h30 : message vu.

    18h45 : rien.

    19h00 : t’es officiellement une figurante dans ta propre vie.

    Ils disparaissent.

    Sans explication.

    Sans honte.

    Sans séquelle apparente.

    Pendant ce temps-là, ton salon devient un cimetière de meubles non désirés.

    Tu passes devant et tu murmures :

    « Je t’ai aimé. Mais là tu me fais du mal. »

    Et Gustave.

    Toujours là.

    Témoin muet de ta déchéance.

    Il te regarde répondre trop gentiment à un message absurde.

    Il te regarde baisser le prix.

    Encore.

    Puis encore.

    Son regard dit :

    « Moi, j’aurais mordu quelqu’un depuis longtemps. »

    À un moment donné, tu craques.

    Tu veux juste que ÇA PARTE.

    Tu serais prête à l’échanger contre une plante morte ou une promesse vague.

    Puis… MIRACLE.

    Un vrai humain.

    Fonctionnel.

    À l’heure.

    Avec un char.

    Avec des bras.

    Qui dit : « Merci. »

    Tu veux presque le serrer dans tes bras.

    Tu te retiens.

    Mais intérieurement, t’es émotive.

    Le meuble part.

    La porte se ferme.

    Tu restes là.

    Silencieuse.

    Vidée.

    Transformée.

    Conclusion :

    Marketplace, c’est pas de la vente.

    C’est une leçon brutale sur la condition humaine.

    Tu y perds un meuble,

    quelques neurones,

    et un petit bout de ton âme brillante.

    Mais tu gagnes une certitude :

    la prochaine fois…

    tu mets ça sur le bord du chemin.

    Avec une pancarte.

    Et tu vas prendre un verre.

    Panique et Paillettes ✨🖤

    Toujours debout.

    Un peu plus cynique.

  • **Panique et Paillettes — Message à moi-même

    Chère moi,

    Pour la prochaine année, je me souhaite du doux,

    mais surtout, je me souhaite de le laisser entrer.

    Parce que je suis bonne pour le désirer,

    mais encore meilleure pour m’en méfier.

    Je me souhaite des fous rires pour décompresser la panique,

    pour rappeler à mon système nerveux qu’il existe autre chose que l’alerte rouge.

    Rire, même quand tout n’est pas réglé.

    Rire, même quand j’ai peur.

    Je me souhaite de la résilience, version vraie.

    Celle qui ne nie pas la fatigue.

    Celle qui reconnaît qu’être encore debout, c’est déjà un exploit certains jours.

    Celle qui n’a plus besoin de prouver sa force en se durcissant.

    Je me souhaite de l’ouverture,

    pas naïve,

    mais confiante juste assez pour ne pas repousser ce qui fait du bien.

    Je me souhaite de la tolérance pour

    pour mes mécanismes de défense,

    pour mes peurs anciennes qui parlent encore trop fort.

    Je me souhaite de ne plus me punir d’avoir besoin des autres.

    Je reconnais l’amour qui m’est donné.

    Je le reconnais dans les gestes simples.

    Dans la constance.

    Dans la présence qui ne fait pas de bruit mais qui ne s’efface pas.

    Je le reconnais sans l’exposer, sans le questionner, sans le minimiser.

    Je reconnais aussi que cet amour me stabilise.

    Qu’il m’aide à respirer quand je pars trop loin dans ma tête.

    Qu’il n’est pas là pour me sauver,

    mais pour marcher à côté de moi pendant que je fais le travail.

    Je me souhaite d’arrêter de croire que recevoir me rend faible.

    De comprendre que s’appuyer, parfois, c’est aussi une forme de courage.

    Cette année, je ne me souhaite pas de devenir quelqu’un d’autre.

    Je me souhaite de rester moi,

    mais moins en guerre contre ce qui me fait du bien.

    44 ans.

    Encore anxieuse.

    Encore lucide.

    Mais plus consciente de l’amour qui m’entoure.

    Bonne fête à moi.

    Je reconnais l’amour qui m’est donné.

    Et cette fois…

    je le garde ✨🖤

  • 2025, c’est l’année où j’ai appris que la vie n’en a absolument rien à foutre de ton agenda, de tes plans, ni de ton illusion de stabilité mentale.

    Rien.

    Zéro.

    Nada.

    Ça commence doucement, comme toutes les esties de mauvaises années.

    Un petit malaise.

    Une fatigue qui colle.

    Un cerveau qui grince.

    Pis toi, fidèle au poste :

    « Bah, ça va passer. »

    NON.

    Ça ne passe pas.

    Ça s’accumule.

    Pis un matin, ton corps te crisse un arrêt de travail dans la face comme un avis d’expulsion émotionnelle.

    Arrêt.

    Net.

    Sans vote.

    Sans appel.

    Moi, l’anxieuse fonctionnelle, performante, qui tenait tout avec du tape et de la mauvaise volonté ?

    Disqualifiée.

    Merci, bonsoir.

    Après ça, évidemment, changement de médication.

    La période où tu ne sais plus si tu es toi-même, une version discount de toi-même, ou une entité flottante sans émotion stable.

    Tu pleures.

    Tu ris.

    Tu t’en câlisses.

    Tu paniques.

    Parfois tout dans la même heure.

    Tu passes ton temps à analyser si ce que tu ressens est réel ou chimique.

    Spoiler : tu ne sauras jamais.

    Bienvenue dans le club.

    Et comme si ce n’était pas assez, BOOM 💥

    Opération, Ernie mon fils adoptif…

    Parce que tant qu’à être vulnérable, aussi bien être couchée à moitié nue sous des lumières trop blanches, entourée de gens qui te voient littéralement de l’intérieur.

    La dignité?

    Laisse ça dans le bac avec tes vêtements.

    C’est là que tu réalises que t’es forte, oui… mais ça se passe très ordinairement.

    J’ai mal et je suis surtout épuisée.

    Arrive l’été.

    L’été calissement surestimé. Mon quotidien au CLSC !!!

    L’été des autres.

    Celui où tout le monde a l’air heureux pendant que toi tu comptes tes bonnes journées comme des coupons rabais.

    Moi, j’ai passé l’été sur le cul.

    Pas relax.

    Pas cute.

    Sur le cul genre :

    — si je fais une affaire aujourd’hui, je paye demain

    — si je souris trop, je crash

    — si je parle de comment je vais vraiment, ça devient lourd

    Faque tu fermes ta gueule.

    Tu t’adaptes.

    Encore.

    2025, c’est l’année où j’ai appris que l’adaptation, c’est violent.

    C’est un deuil constant.

    De ce que tu étais.

    De ce que tu pensais être.

    De ce que tu pensais pouvoir encaisser.

    C’est arrêter de te reconnaître dans le miroir.

    C’est te sentir inutile, lente, fragile…

    pis te haïr un peu pour ça.

    Mais attends.

    Parce que c’est là que l’année a décidé de faire sa crisse de twist.

    Au milieu du bordel, il y a eu du familial.

    Pas annoncé.

    Pas planifié.

    Pas accompagné d’un discours émouvant.

    Juste… là.

    Des présences qui ne posaient pas trop de questions.

    Des gestes qui disaient je suis là sans faire de bruit.

    Un soutien imparfait, mais réel.

    Le genre qui te surprend parce que tu ne l’attendais plus.

    Pis ça, honnêtement…

    ça m’a déstabilisée plus que le reste.

    Parce que quand tu es habituée à tout gérer toute seule,

    recevoir sans te battre,

    sans expliquer,

    sans te justifier…

    ça fesse.

    2025 m’a appris que je ne contrôle rien.

    Que mon corps a toujours le dernier mot.

    Que l’anxiété est une bitch créative.

    Mais aussi que, parfois, la vie te donne un break quand tu ne regardes plus.

    Cette année m’a décrissée.

    Mais elle m’a aussi clarifiée.

    Je tolère moins.

    Je fais moins semblant.

    Je m’excuse moins d’exister comme je suis.

    Panique et Paillettes, version 2025, ce n’est pas des feux d’artifice.

    C’est des cicatrices, de la fatigue, de l’humour noir pour survivre…

    pis des petites paillettes inattendues qui brillent juste assez pour pas lâcher.

    Ce n’était pas une belle année.

    Mais c’était une vraie.

    Pis calvaire…

    je suis encore debout.

  • Le 3 janvier, j’aurai 44 ans : mon anxiété a pris de l’âge, mais aucune sagesse

    Le 3 janvier, j’aurai 44 ans.

    Et ce n’est pas mon âge qui me dérange.

    C’est tout ce que mon anxiété décide d’en faire.

    Parce que vieillir, pour une personne anxieuse, ce n’est jamais juste ajouter une bougie.

    C’est ouvrir un dossier.

    Un dossier épais.

    Avec des sous-sections, des hypothèses et des conclusions prématurées.

    À 44 ans, mon anxiété ne réagit plus.

    Elle anticipe.

    Elle surveille mon corps comme si elle attendait qu’il fasse une erreur.

    Une tension dans le dos ?

    Elle note.

    Une fatigue persistante ?

    Elle souligne.

    Un inconfort flou, impossible à nommer ?

    Elle encadre en rouge.

    Ce n’est jamais grave sur le coup.

    Mais pour l’anxiété, ce n’est jamais anodin non plus.

    Ce qui la fascine, ce n’est pas la douleur.

    C’est la durée.

    Le « et si ça restait ».

    Le « et si c’était désormais comme ça ».

    Parce que vieillir, dans sa tête, ça veut dire perdre quelque chose sans savoir exactement quoi.

    De la souplesse.

    De la marge.

    Du droit à l’erreur.

    À 44 ans, l’anxiété me fait croire que chaque limite est définitive.

    Que chaque inconfort est une annonce officielle.

    Qu’il n’y a plus de retour en arrière possible.

    Elle transforme mon corps en terrain d’observation permanente.

    Je ne vis plus dedans.

    Je le surveille.

    Et c’est ça, la vraie fatigue.

    Avant, j’étais anxieuse face à l’avenir.

    Maintenant, je suis anxieuse face au présent.

    À ce que je ressens.

    À ce que je pourrais ressentir demain.

    À ce que ça veut dire, supposément.

    L’anxiété adore les chiffres ronds.

    40.

    45.

    50.

    Elle s’en sert comme de preuves imaginaires.

    Comme si un âge pouvait soudainement invalider tout ce que j’ai déjà traversé.

    Parce que soyons honnêtes :

    ce corps, il a tenu bon.

    Il a encaissé des nuits blanches, du stress chronique, des tempêtes émotionnelles, des chutes intérieures autrement plus violentes qu’un muscle tendu.

    Mais l’anxiété n’en tient pas compte.

    Elle ne regarde pas le passé.

    Elle regarde ce qu’elle peut perdre.

    Elle me murmure que je devrais ralentir par peur.

    Que je devrais me protéger excessivement.

    Que je devrais commencer à me définir par mes limites plutôt que par mes capacités.

    Et c’est là que je refuse de la suivre.

    Parce que mon corps n’est pas un problème à résoudre.

    C’est un système vivant qui change.

    Comme tout ce qui dure.

    Pendant que je rumine,

    Gustave existe.

    Il n’analyse pas ses sensations.

    Il n’interprète pas son vieillissement.

    Il s’adapte, simplement.

    Il mange quand il a faim.

    Il dort quand il est fatigué.

    Il ne cherche pas de sens caché à une raideur passagère.

    Il me rappelle, sans le vouloir, que vivre n’a jamais été un exercice de contrôle parfait.

    Le 3 janvier, j’aurai 44 ans.

    Mon corps fera probablement quelque chose d’étrange, d’imparfait, de temporaire.

    Et mon anxiété voudra y voir une vérité définitive.

    Mais cette fois, je la vois venir.

    Je sais qu’elle confond vigilance et surveillance.

    Prudence et peur.

    Évolution et déclin.

    Je ne suis pas en train de disparaître.

    Je suis en train de changer de forme.

    Et ce n’est pas une urgence.

    44 ans, ce n’est pas la fin de la solidité.

    C’est la fin de l’illusion d’invincibilité.

    Et ce n’est pas la même chose.

    Mon anxiété peut continuer à commenter chaque sensation.

    Je n’ai plus l’obligation de la croire.

    Panique et paillettes.

    Version lucide.

    Version sans anesthésie.

    Version qui continue quand même. ✨🐈‍⬛

  • ·       « Noël, l’amour, l’anxiété… et le fantasme légal de la Floride

    Je vais le dire tout de suite, avant que quelqu’un se sente coupable pour rien :

    ma famille n’a rien fait de mal.

    Rien.

    Zéro.

    Ils sont aimants, présents, imparfaits comme tout le monde, mais pas toxiques, pas lourds, pas responsables de mes débordements internes.

    Le problème…

    C’est mon système nerveux, pas leur existence.

    Je suis contente d’être en famille.

    Vraiment contente.

    Pas le contente Instagram.

    Le contente fatiguée, émotive, vraie.

    MAIS.

    Normalement, à cette période précise de l’année,

    mon corps serait étendu au soleil en Floride,

    pendant que mon cerveau se ferait shush-er par la chaleur.

    Pas pour fuir les miens.

    Pour fermer le volume.

    Parce que quand t’as l’anxiété, Noël, même doux, même aimant,

    C’est comme vivre un festival…

    sans bouchons pour les oreilles.

    Tout est plus fort :

    • les voix
    • les rires
    • les souvenirs
    • les attentes non dites
    • l’amour aussi (pis ça, c’est fucké à gérer)

    Aimer beaucoup quand t’es anxieuse,

    c’est pas reposant.

    C’est intense en tabarnak.

    Je suis assise là,

    entourée de gens que j’aime pour vrai,

    pis mon corps agit comme si j’étais en train de désamorcer une bombe émotionnelle.

    Je ris.

    Je jase.

    Je participe.

    Je suis là.

    Mais intérieurement, y’a une version de moi qui crie :

    « CALMEZ TOUT. MAIS PAS VOUS. JUSTE TOUT DEDANS MOI. »

    Et ça, c’est pas leur faute.

    Gustave, le chat, est témoin de tout ça.

    Lui, il observe sans romantiser.

    Il voit pas une “belle soirée de Noël”.

    Il voit :

    • trop d’humains
    • trop de mouvements
    • trop d’émotions dans l’air

    Il se promène comme un videur blasé,

    regarde les gens,

    me regarde moi,

    pis son regard dit :

    « Ils sont corrects. C’est toi qui surchauffes. »

    Merci, esti de chat lucide.

    Les gens disent :

    « L’important, c’est d’être ensemble. »

    Ils ont raison.

    Vraiment.

    Mais personne ne parle assez du fait que

    être ensemble, quand t’es anxieuse, ça demande de la gestion interne olympique.

    Parce que tu ne veux pas gâcher.

    Tu ne veux pas déranger.

    Tu ne veux pas être “celle qui”.

    Alors tu encaisses.

    Tu encaisses l’amour.

    Tu encaisses la fatigue.

    Tu encaisses les émotions qui remontent sans invitation.

    Pis pendant que tout le monde est bien,

    toi tu fais de la plomberie émotionnelle en urgence.

    Quand je pense à la Floride,

    c’est pas un rejet.

    C’est un fantasme de silence.

    Là-bas, personne ne m’en veut si je ne parle pas.

    Personne n’attend rien.

    Mon système nerveux peut respirer sans explication.

    Ici, je choisis de rester.

    Pas parce que je dois.

    Parce que je veux.

    Mais vouloir quelque chose

    ne veut pas dire que c’est facile à porter.

    Panique et Paillettes, c’est ça :

    être entourée d’amour

    pis quand même être à boutte.

    C’est aimer fort

    pis être drainée par l’intensité de ce que tu ressens.

    C’est être reconnaissante

    pis quand même rêver d’un endroit où ton corps arrête de vibrer comme un cellulaire sur la table.

    À un moment donné, je m’isole deux minutes.

    Pas parce que je suis fâchée.

    Pas parce que je suis triste.

    Juste parce que mon cœur bat trop vite

    pour une situation qui est pourtant belle.

    Gustave me suit.

    Il s’assoit près de moi.

    Il ne dit rien (évidemment).

    Mais il reste.

    Pis c’est là que je me rappelle :

    je suis correcte.

    Ils sont corrects.

    Personne a échoué Noël.

    Je suis juste une humaine anxieuse

    qui vit quelque chose de normal

    avec des émotions amplifiées.

    À la fin de la soirée,

    quand le bruit baisse,

    que les manteaux s’enfilent,

    que le calme revient…

    Je suis brûlée.

    Mais je suis pleine.

    Pleine d’amour.

    Pleine de fatigue.

    Pleine de gratitude mêlée à l’envie de dormir trois jours.

    Je ne suis pas en Floride.

    Je suis ici.

    Avec les miens.

    Avec mes limites.

    Avec mon chat jugeur.

    Et personne n’est responsable de mon chaos,

    sauf moi…

    et peut-être un peu décembre.

    🎄🔥🐈‍⬛✨

  • On est en décembre.

    Le mois des sapins, des biscuits, des lumières…

    ET DES DÉCISIONS IRRATIONNELLES QUI FONT TREMBLER LA SOCIÉTÉ.

    Et moi ?

    Moi je suis là, toute festive, toute brillante, toute dans l’esprit des Fêtes, qui annonce :

    « Dans un mois et demi, en plein FÉVRIER, je déménage. »

    Oui.

    J’ai choisi la période où tout le monde abandonne mentalement.

    Je suis une pionnière du chaos.

    Pendant que les autres commandent des pyjamas de Noël, moi je magasine des boîtes et je fais des listes de choses à emballer.

    Pendant que les gens pensent à leur tourtière, moi je pense :

    « Comment je vais transporter ma plante sans qu’elle meure de froid ? »

    Pendant que la neige tombe doucement, moi je compte les jours avant de faire du CrossFit involontaire avec mes meubles.

    Et l’Homme, évidemment, toujours trop calme pour être légal :

    — « On a le temps, pitounne . »

    LE TEMPS ?

    On est en décembre.

    Décembre passe plus vite qu’un chèque de paye.

    JE SUIS DÉJÀ EN MODE PANIQUE MENTALE.

    Parce que là, c’est l’étape la plus dangereuse :

    la préparation.

    Tu penses que t’es correct.

    Tu penses que t’es en avance.

    Tu penses que tu vas tout faire tranquillement.

    Pis soudain, tu te réveilles à 3h du matin avec :

    — « OH NON JE N’AI PAS DE RUBAN ADHÉSIF. »

    Et au milieu de cette organisation douteuse,

    y’a GUSTAVE, juge professionnel,

    assis sur une boîte VIDE (il s’entraîne),

    qui me regarde emballer des trucs de Noël comme si j’étais un clown en tournée.

    Il sait.

    Il sent.

    Il observe.

    Son âme féline murmure :

    « Dans un mois et demi, elle va détruire mon territoire. Je dois me préparer mentalement. »

    Et moi, évidemment, je suis déjà dans la dramatisation absolue :

    — « En février, je vais glisser dans l’entrée. »

    — « En février, mon mascara va geler. »

    — « En février, je vais regretter ma vie mais trop tard, j’aurai les clés. »

    Parce que ce déménagement-là…

    Je le vis déjà dans ma tête.

    Je vis l’anticipation du chaos.

    Je suis déjà dans une version bêta du stress, une mise à jour préliminaire de mon anxiété saisonnière.

    Mais malgré ça,

    malgré décembre qui me glisse des paillettes dans les yeux et de la panique dans le cœur,

    malgré février qui m’attend en embuscade,

    malgré Gustave qui juge et l’Homme qui reste zen…

    Je sens qu’on s’en va vers quelque chose de beau.

    De drôle.

    De complètement déjanté.

    De très Panique et Paillettes.

    Bref :

    On est en décembre.

    Je déménage dans un mois et demi.

    Je suis déjà en train de paniquer pour des boîtes qui ne sont même pas encore assemblées.

    Le couple est prêt.

    Le chat est en déni.

    Et moi ?

    Ben je navigue entre excitation, sarcasme et hystérie festive.

    Ça va être ICONIQUE. ❄️💅✨

  • Novembre, le mois où même la lumière tombe dans les abonnés absents✨

    Bienvenue dans ce nouveau chapitre de Panique & Paillettes, aussi appelé : le guide de survie du mois où tout le monde tombe en décomposition émotionnelle.

    Novembre n’est pas un mois.

    C’est un test de résistance psychologique que personne n’a demandé.

    Une escape room sans issue.

    Une version longue de la scène de pluie dans n’importe quel film triste, mais étirée sur 30 jours.

    Et toi, t’es là, dans ton petit manteau qui sent déjà l’humidité, essayant de rester humaine pendant que ton cerveau est en train de tenter un désabonnement silencieux de la vie.

    🌑 

    Novembre, ce n’est pas une saison : c’est une maladie mentale atmosphérique

    Le ciel devient gris.

    Le sol devient gris.

    Ton âme devient gris foncé, Pantone 546-C, édition limitée « breakdown ».

    Tu te lèves : il fait noir.

    Tu fais ton café : il fait noir.

    Tu vas travailler : il fait un peu moins noir, mais juste assez pour te rappeler que le soleil existe encore pour les gens en Floride.

    Et puis tu arrives chez toi…

    Et tu réalises que ta motivation, elle, a décidé de prendre un congé sans solde.

    Tu vis dans un état constant de semi-lucidité humide.

    Comme si t’étais coincée dans une chambre froide, mais émotionnelle.

    Ton énergie descend plus vite que ta batterie de téléphone quand il fait -20.

    🕳️ 

    Le duo anxiété + dépression saisonnière : deux clowns maléfiques dans ta tête

    Ton anxiété est hyperactive, prête à paniquer pour n’importe quoi :

    « Et si on perd notre job ?

    Et si on meurt ?

    Et si quelqu’un regarde nos stories pis pense qu’on est plate ? »

    Pendant que ta dépression saisonnière, elle, parle comme une grand-mère blasée sur le bord de la mort :

    « On pourrait… ne rien faire.

    Toute la journée.

    Pis mourir un peu à l’intérieur. Ça ne change rien pour personne. »

    Alors te voilà, prise dans une bataille mentale où tu veux :

    • Tout accomplir,
    • Mais t’as aucune énergie,
    • Et tu te sens coupable de tout,
    • Mais tu n’arrives pas à te lever,
    • Tout en stressant de ne rien faire,
    • Tout en pleurant parce que ta toast est tombée sur le mauvais côté.

    Ce n’est pas une émotion.

    C’est une possession démoniaque de novembre.

    💀 

    Les symptômes : version honnête, version sombre, version « ce n’est pas cute »

    Les professionnels disent « fatigue », mais ce qu’ils veulent dire, c’est :

    👉 tu pourrais t’endormir debout, en plein milieu d’une conversation avec quelqu’un qui t’explique son nouveau régime keto.

    Ils disent « humeur basse », mais c’est :

    👉 pleurer parce que quelqu’un t’a demandé si ça allait et que t’as détesté son ton.

    Ils disent « ralentissement psychomoteur », mais c’est :

    👉 marcher comme si tu venais de survivre à une apocalypse zombie émotionnelle.

    Ils disent « perte d’intérêt », mais c’est :

    👉 t’es devenue allergique à la joie.

    Le fun te répugne.

    La motivation t’écoeure.

    Si quelqu’un propose une activité, tu veux l’assassiner (verbalement) puis faire une sieste.

    Et mon préféré :

    La perte de libido.

    Évidemment.

    Parce que si la lumière du jour ne trouve même plus ton corps, imagine quelqu’un d’autre.

    🪦 

     Les mini victoires : parce que viser bas, c’est viser juste

    En novembre, on oublie les grandes ambitions.

    On fonctionne à petite échelle. Microscopique.

    Voici des accomplissements valides, certifiés Panique & Paillettes :

    • Tu t’es lavée. Même si c’était juste les aisselles.
    • T’as plié un vêtement (ou tu l’as regardé trop longtemps pour finalement l’abandonner).
    • T’as mangé un fruit. Pas mûr, mais quand même.
    • Tu t’es rendue au travail sans envisager un changement de nom et de pays.
    • T’as arrêté de scroller ton téléphone pendant 11 secondes.
    • Tu as survécu à une conversation small talk sans dire « je veux mourir ».
    • T’as bu de l’eau. Une gorgée. Dans une journée. Mais c’est de l’eau pareil.

    Bravo, championne.

    Tu fais des miracles dans le chaos.

    🔦 

     Conseils de survie (dark, mais vrais)

    Voici les seules stratégies valables pour novembre.

    Des vraies. Pas des affaires Pinterest.

    🕯️ 1. Fais de la lumière

    Ouvre une lampe.

    Une fenêtre.

    Allume un feu.

    Pose un miroir pour réfléchir ton dernier neurone encore vivant.

    N’importe quoi.

    🐌 2. Bouge un peu

    Pas pour être en shape.

    Pour rappeler à ton corps que t’es pas morte. Encore.

    🍲 3. Mange quelque chose qui a vu la lumière du jour

    Un légume.

    Oui, je sais.

    Rentre-le dans ta bouche.

    C’est thérapeutique.

    🗣️ 4. Parle à quelqu’un

    Pas ton ex.

    Pas ton chat.

    Pas ton sac de chips.

    Un être humain, un vrai.

    🛑 5. Donne-toi le droit d’être scrap

    Novembre est scrap.

    Le Québec est scrap.

    Les arbres sont scrap.

    Ton énergie est scrap.

    Ce n’est pas toi, c’est le mois.

    6. Mets des brillants

    Littéralement.

    Sur tes joues, ton manteau, ta mauvaise humeur.

    Les paillettes, c’est le duct tape de l’âme.

    ⚰️ 

     Le message final : “Novembre finit toujours par finir”

    Oui, novembre c’est dark.

    Oui, tu te sens comme un personnage secondaire dans un film triste qui se fait tuer dans la première demi-heure.

    Oui, t’as envie de t’enrouler dans une doudou et de dire :

    « Je ferme pour l’hiver. Revenez au printemps. »

    Mais t’es encore là.

    Encore sarcastique.

    Encore capable de rire, même si c’est un rire un peu nerveux, un peu fatigué, un peu « j’ai envie de m’enfuir dans le bois pis disparaître ».

    Et ça, c’est beau dans un sens tordu.

    Parce qu’un jour, bientôt, le soleil va rester debout plus que toi.

    Et tu vas sortir de ton état semi-légalement mort,

    comme un petit animal fatigué mais déterminé,

    avec du gloss, un foulard,

    et l’impression d’avoir survécu à quelque chose d’important.

    Spoiler : tu auras survécu à novembre.

    Et ça, c’est héroïque. ✨✨✨

  • (Texte non approuvé par Santé Canada, trop d’émotions, trop de caféine, risque élevé de fou rire nerveux)

    Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de l’homme de ma vie, l’homme de 55 ans, mais qui a encore l’air assez jeune pour que les gens se demandent :

    « Elle l’a pogné où, ce beau monsieur-là? »

    Pis moi je réponds dans ma tête :

    “Dans la section premium, évidemment.”

    Parce que oui, il a 55 ans…

    Mais le gars est encore full équipé, zéro rouille, pas un bruit de char louche quand il se lève le matin.

    Un modèle rare. Collector’s edition.

    Et surtout :

    L’homme qui a décidé de partager mon quotidien.

    MON quotidien.

    Celui d’une femme anxieuse version 4DX, avec son Dolby Atmos mental activé 24/7.

    Et ce héros-là, il a dit :

    — « Oui, je veux ça.

    Je veux elle.

    Avec les paillettes, la panique, les monologues dramatiques et les crises existentielles du jeudi soir. »

    Un homme. Un vrai.

    Un bénévole émotionnel.

    🤯🔥 Deux anxieux ensemble = un film catastrophe avec un soundtrack cute

    Là faut comprendre…

    On est pas juste anxieux.

    On est deux anxieux fusionnés, genre Power Rangers de la panique.

    Littéralement :

    Il dit “j’ai mal au ventre”,

    et moi je suis déjà en train de googler :

    “appendicite + 55 ans + urgence ou pas?”

    Je dis “j’ai une douleur bizarre dans l’épaule”,

    et lui il répond :

    “Fais-moi pas ça bébé, j’suis pas prêt pour ton testament.”

    On est deux cerveaux mal calibrés qui virent fou pour :

                      •               un pet de travers,

                      •               un bruit dans le mur,

                      •               un texto pas répondu en 7 minutes,

                      •               un grain de beauté qui n’a rien demandé,

                      •               un courriel de l’école qui commence par “Bonjour,” (danger).

    Mais malgré tout…

    On a une capacité magique à s’auto-calmer.

    Genre :

    — « Bébé, t’es pas en train de mourir. Tu fais juste être toi. »

    Et ça, ça guérit mieux qu’un Tylenol Ultra Force.

    💘🔥 Lui : 55 ans, zéro poussière, full amour

    Ce gars-là…

    Il est plus jeune que son âge,

    plus patient que la moyenne,

    plus tendre qu’un oreiller mémoire de forme.

    Et plus solide qu’un meuble IKEA monté par quelqu’un qui lit les instructions.

    Il me regarde paniquer pour des niaiseries,

    pis au lieu de sacrer son camp en courant comme le ferait tout être humain normal,

    il dit :

    — « On respire ensemble. Pis après, on rit de nous autres. »

    C’EST QUI QUI FAIT ÇA!?

    Un ange.

    Ou un gars qui m’aime vraiment trop.

    Ou les deux.

    💥😂 Notre relation : un mélange de chaos, d’amour pis de “ben voyons donc”

    On est le couple que tu regardes et tu te dis :

    “Comment ça fonctionne?”

    Mais ça fonctionne en tabarouette.

    Parce que :

                      •               on rit jusqu’à ne plus respirer,

                      •               on panique en duo comme des pros,

                      •               on se rassure comme si la vie dépendait de chaque câlin,

                      •               on exagère TOUT, mais on exagère ENSEMBLE,

                      •               on fait du drame, mais on finit collés.

    Il y a de quoi écrire une télésérie.

    Titre :

    “À deux, c’est moins catastrophique.”

    🎂✨ 55 ans de charme, 55 ans de vécu, 55 ans de cheveux encore bien placés

    Je te le jure :

    le gars est encore plus beau que bien des petits jeunes qui boivent du Monster pour avoir une personnalité.

    Il a du style, du charisme,

    pis quand il sourit…

    je me dis :

    “Oh damn, la chanceuse c’est MOI.”

    55 ans de vie,

    pis il me fait sentir aimée comme si j’étais sa première, sa dernière, sa préférée.

    💫🔥 Bref : j’ai un homme de 55 ans, anxieux, drôle, beau, solide… pis je l’aime comme une détraquée fonctionnelle.

    Notre amour, c’est pas parfait.

    C’est pas zen.

    C’est pas logique.

    C’est pas tranquille.

    C’est déglingué, intense, drôle, nerveux, explosif, tendre, bordélique, merveilleux.

    Comme nous.

    Et tu sais quoi?

    J’en voudrais pas un autre.

    Même pas en prime.

  • J’aime les enfants… mais PAS quand je punch mon shift au bar.🍻🍻

    Je vais commencer par une vérité universelle, un principe cosmique, une loi physique aussi solide que la gravité :

    Tu peux aimer les enfants profondément… et en même temps ne PAS vouloir les voir dans un bar.

    Ce n’est pas contradictoire.

    Ce n’est pas cruel.

    C’est juste la survie d’une femme qui a déjà donné tout le jus de cervelle qu’elle avait du lundi au vendredi.

    Parce que moi, j’arrive au bar de l’aréna après avoir fait 35 heures de contact rapproché avec des enfants.

    Pas 35 heures de job de bureau zen.

    Pas 35 heures de travail silencieux.

    Non.

    35 heures de sons non identifiés, de petites mains collantes, de conversations absurdes, de pleurs qui partent de nulle part et de situations corporelles qui nécessitent des gants en latex.

    Et quand je dis “j’aime les enfants”, je parle du vrai amour.

    Le genre de love qui te fait rester après ton shift pour consoler un petit cœur brisé parce qu’il a perdu son collant de Pat Patrouille.

    Le genre de love qui te fait rire même quand quelqu’un te montre un caillou comme si c’était un bijou de Cartier.

    Le genre de love où tu pourrais prendre une balle pour eux… mais pas un thé glacé renversé de plus.

    Mais cet amour-là, là…

    Il a une date de péremption quotidienne.

    Et elle arrive EXACTEMENT au moment où je mets un pied dans le bar de l’aréna.

    Parce qu’en théorie, le bar, c’est MON endroit d’adulte.

    Mon havre.

    Mon “safe space” rempli de hot-dogs vapeur un peu suspects et d’adultes épuisés qui veulent juste une boisson tiède et un moment de calme intérieur.

    Mais dans la vraie vie ?

    C’est devenu un spin-off de mon job.

    Une saison bonus que je n’ai JAMAIS commandé.

    Un épisode spécial de “Enfants en Liberté 2 : La Revanche du thé glacé”.

    Ils arrivent comme des petits Vikings de l’aréna.

    Pas méchants.

    Pas mal intentionnés.

    Juste…

    Enthousiastes à un niveau dangereux.

    Ils courent.

    Ils glissent.

    Ils crient comme si quelqu’un leur avait dit que le premier rendu au babyfoot gagne un rein gratuit.

    Ils se lancent dans la vie à pleine vitesse, et toi, t’es juste là, derrière ton comptoir, à regarder le tout comme si t’étais la directrice d’un hôpital psychiatrique en plein jour de congé.

    Et moi, je les aime tellement que je fais l’effort de respirer calmement.

    De sourire.

    D’être douce.

    De dire “non non, mon chou, ne touche pas à la machine à glace, ce n’est pas pour les mains”.

    Alors qu’en dedans, mon cerveau hurle :

    “C’EST L’ANTÉCHRIST CETTE MACHINE. ÉLOIGNE-TOI.”

    Et là, il y a le parent, le parent épuisé, qui ne comprend rien, qui te regarde comme si tu avais le BAC en “garde gratuite pendant que je jase avec le coach”.

    Le parent qui dit :

    “Ben là, il fait juste courir.”

    OUI.

    C’est ÇA, LE PROBLÈME.

    Le bar, ce n’est pas une piste d’athlétisme mini format.

    Le bar, c’est un endroit dangereux, glissant, brûlant, croustillant, collant, où littéralement TOUT peut faire mal.

    Pis pourtant…

    Je les aime.

    Je te jure, je les aime assez pour leur apprendre à mettre leurs bottes, à gérer leurs émotions, à pas manger la neige jaune, à ne pas lécher la poignée de porte.

    Je les aime assez pour rentrer chez nous avec un bout de pâte à modeler dans les cheveux sans poser de questions.

    Mais dans le bar ?

    Quand un 4 ans décide de s’asseoir par terre comme si c’était son salon, juste à côté d’un adulte qui tient un café tellement chaud qu’il pourrait retirer un tatouage ?

    Là…

    Mon amour ne suffit plus.

    Il est parti en vacances.

    Il a laissé un Post-it :

    “Je reviens demain matin. Bonne chance.”

    Je veux dire, à un moment donné, j’ai un dernier neurone qui s’accroche à la vie comme un chat qui glisse d’un sofa.

    Un neurone qui pleure doucement en disant :

    “Pas encore un enfant qui crie pour un gatorade bleue… je t’en supplie…”

    Mais même là, même dans le chaos, même dans le bruit, même dans les dégâts de lait au chocolat,

    je reste douce.

    Je reste correcte.

    Je reste fonctionnelle-ish.

    Parce que je les aime.

    Vraiment.

    Et aussi parce que je n’ai pas envie que quelqu’un filme ma déchéance mentale et que ça finisse sur TikTok avec le titre :

    “Quand une éducatrice atteint son point de rupture”.

    Alors oui.

    Je peux aimer les enfants et NE PAS vouloir les voir dans un bar.

    C’est normal.

    C’est sain.

    C’est littéralement le dernier rempart entre moi et l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac.

    Si un jour tu me vois figer derrière le comptoir, le regard vide, une main posée sur la machine de bière en fût…

    Ne t’inquiète pas.

    Je suis juste en train de me demander à quel moment exact j’ai accepté d’être entourée d’enfants 7 jours sur 7.

    Mais j’ai encore des paillettes.

    Fatiguées, oui.

    Tachées de sauce à hot-dog, peut-être.

    Mais vivantes.

    Et tant qu’elles tiennent…

    Je tiens aussi.

  • Depuis des années, moi et mon anxiété, on file une drôle d’histoire d’amour. Pas le genre passion fusion, non. Plutôt une relation toxique, du style “je te quitte / reviens je t’aime / j’ai mal au ventre”. Elle s’invite à table, dort dans mon lit et fait la déco de mon cerveau façon « chaos scandinave ». On a trouvé notre équilibre fragile : moi je respire, elle commente.

    Et voilà qu’en ce beau jeudi soir, mon corps a décidé de me servir un épisode inédit : les palpitations.

    Pas les petites, non. Les grosses. Celles qui te font dire : « Bon ben voilà, c’est maintenant que je décède. »

    Mon cœur s’est transformé en percussionniste hyperactif, genre concert de tambours africains sous Red Bull. Et moi, évidemment, j’analyse tout :

    “Est-ce mon cœur ? Mes poumons ? Mon âme qui essaie de sortir par la cage thoracique ?”

    Tout ça pendant que mon cerveau joue au narrateur dramatique :

    “C’est peut-être une arythmie cardiaque. Ou un infarctus silencieux. Ou juste toi, en train d’avoir une émotion, Isabelle.”

    Et là, tu te rappelles que depuis lundi, tu prends un nouveau médicament supposé empêcher ce genre de crise. EMPÊCHER, qu’ils disaient.

    Résultat : je suis en plein trip sensoriel interne pendant que la molécule, visiblement confuse, se demande de quel côté elle joue.

    Ajoutons à ça un petit détail croustillant : je prends une microdose d’un médicament utilisé pour traiter la schizophrénie. Juste ça. Une goutte de molécule anti-voix-dans-la-tête.

    Alors forcément, quand ton cœur fait des claquettes et que tu ressens ton cerveau vibrer comme une boule disco, tu te demandes :

    “Est-ce moi qui panique ou ma médication qui s’improvise DJ dans mon système nerveux ?”

    Et c’est là que le grand jeu commence : l’auto-surveillance de tout ce qui bouge dans ton corps.

    Je me suis retrouvée à écouter mon rythme cardiaque comme d’autres écoutent un podcast.

    J’ai pris mon pouls, vérifié mes lèvres dans le miroir (“elles sont bleues ? non juste sèches”), pris un verre d’eau, respiré, re-analysé, puis relancé Google pour la 183e fois avec les mots-clés “palpitations mort imminente médicament ou anxiété”.

    Le verdict : tout et rien.

    Pendant ce temps, Gustave, mon chat, m’observait du coin de l’œil avec son habituel jugement félin :

    “T’es pathétique, humaine. Respire, c’est juste ton cœur qui fait son cardio.”

    Et il n’a pas tort, le poilu. Parce que pendant que je m’imagine déjà aux urgences en robe de chambre, la réalité, c’est que mon corps s’ajuste. Le médicament fait son test.

    Et moi, comme toujours, je dramatise avec élégance.

    Ce qu’il y a de beau, si on peut dire, c’est qu’après la panique, y’a ce moment de lucidité — un peu fatigué, un peu tremblant — où tu réalises que t’es encore là. Que ton cœur bat fort, oui, mais qu’il bat. Que t’as survécu à une autre soirée d’anxiété à grand déploiement.

    Et qu’au fond, c’est un peu ça la vie avec une santé mentale en chantier : tu te fais peur, tu ris jaune, tu continues, pis tu t’endors en espérant que demain ton cerveau t’offre une pause café au lieu d’un feu d’artifice intérieur.

    Ce soir, j’ai choisi de ne pas aller mourir dans ma tête.

    J’ai mis une chandelle, respiré comme une fausse yogi et répété mon mantra :

    “Ce n’est pas la fin, c’est juste un mauvais remix de mon système nerveux.”

    Et si demain mon cœur décide encore de jouer les maracas, ben j’y mettrai un peu de brillant, un soupçon de sarcasme, et je danserai dessus.

    Parce que tant qu’à paniquer, autant que ça brille. ✨