Aujourd’hui, je suis officiellement en mode lézard glamour sur balcon.

Soleil dans la face.

Lunettes noires.

Café dans une main… et possiblement un petit verre de blanc plus tard parce que, soyons honnêtes, j’aime vivre dangereusement.

Je me chauffe la couenne comme si j’étais en vacances à Tulum…

alors que je suis clairement à Contrecœur avec un banc de neige sale et un bac brun en arrière-plan.

Mais pendant quelques heures, je décide d’y croire.

Le soleil tape.

La neige fond un peu.

L’air est doux.

Et mon cerveau naïf se dit :

« Peut-être que l’hiver est en train de calisser son camp. »

HAHAHAHA.

NON.

Parce que demain…

le Québec nous annonce le verglas.

Pas une petite pluie cute.

Pas un petit flocon romantique.

Non.

Une couche de glace traitresse qui transforme la province entière en patinoire de la honte.

Et moi, dans cette histoire ?

Moi je travaille à l’école.

Donc demain matin, comme toute employée scolaire du Québec, je vais me réveiller à 5h58 avec l’angoisse existentielle la plus importante de l’hiver :

Est-ce que les écoles ferment ?

Le moment où toute la population refresh les sites de commission scolaire comme des drogués de l’info météo.

C’est littéralement un tirage de loto.

Si l’école ferme :

je reste chez moi en pyjama, café à la main, avec un sourire arrogant et une dignité intacte.

Si l’école ouvre :

je dois sortir affronter le verglas…

et ça mes amis…

c’est là que l’univers décide de rire de moi.

Parce que je vais vous dire quelque chose d’important :

Je suis gaffeuse.

Mais pas un peu gaffeuse.

Pas “oups j’ai échappé mon stylo”.

Non.

Gaffeuse puissance 250 000.

Je peux trébucher sur un tapis parfaitement plat.

Je peux accrocher une chaise avec mon manteau.

Je peux me cogner dans un mur que je vois clairement depuis trois minutes.

Alors imaginez-moi…

sur du verglas.

C’est littéralement un spectacle.

Je vais sortir de mon char dans le stationnement de l’école avec la grâce d’un bébé girafe qui vient d’apprendre l’existence de ses jambes.

Un pied.

Pause.

Deuxième pied.

Bras écartés comme si j’essayais de stabiliser un hélicoptère imaginaire.

Et là commence la marche du pingouin stressé.

Petits pas.

Micro-pas.

Regard fixé au sol.

Parce que je sais très bien qu’à tout moment…

le verglas peut décider de me choisir.

Parce que le verglas a un radar spécial pour les gaffeuses.

Il nous voit.

Il nous sent.

Et à un moment donné…

les pieds partent.

Sans avertissement.

Ton corps fait un mouvement que même un chiropraticien ne comprendrait pas.

Les bras moulinent dans les airs comme un ventilateur détraqué.

Et BAM.

Atterrissage.

Possiblement direct sur les founes.

Dans le stationnement de l’école.

Devant :

– trois parents

– quatre enfants

– un collègue qui sort son café

– et un petit Kevin de maternelle qui va absolument raconter ça à toute la classe.

« Madame Isabelle est tombée sur ses fesses ! »

Merci Kevin.

Merci pour ce témoignage public.

Et moi pendant ce temps-là, étendue sur la glace comme une étoile de mer triste, en train d’évaluer deux choses très importantes :

  1. Est-ce que j’ai cassé quelque chose ?
  2. Est-ce que quelqu’un a filmé ?

Parce qu’on le sait tous.

On vit dans une société où une chute spectaculaire peut finir sur le groupe Facebook de la ville avant 8h15.

“Quelqu’un sait c’est qui la madame qui a wipe-out dans le stationnement de l’école ce matin ?”

Oui.

C’est moi.

La même femme qui, aujourd’hui, est assise au soleil en train de se dire :

Profite ma belle…

Parce que demain tu vas peut-être faire une performance artistique involontaire sur glace noire.

Alors je ferme les yeux.

Je laisse le soleil chauffer mon visage.

Je respire profondément.

Comme une femme calme.

Zen.

Équilibrée.

Alors qu’au fond je sais très bien que demain matin, il y a au moins 63 % de chances que je tombe sur le cul devant une classe complète d’enfants.

Et ça…

mes amis…

c’est profondément…

Panique et Paillettes. ✨❄️💅

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