Je suis heureuse.
Vraiment.
Mais pas discrètement heureuse.
Heureuse théâtrale, heureuse qui boit du vin blanc debout en regardant le vide comme si c’était une scène.
Le condo est encore nu.
Nu comme un concept.
Nu comme une idée pas finie.
Tellement nu que quand je marche, on dirait que l’endroit me demande si je suis sûre de moi à chaque pas.
J’ai une table.
Quatre tabourets.
Aucune chaise.
Donc j’ai officiellement créé un espace où personne ne peut s’installer sans réfléchir à sa posture et à sa vie.
Je mange perchée comme une influenceuse de survie.
Je bois mon vin blanc assise-haute, semi-debout, jamais vraiment confortable.
Parce qu’ici, le confort, c’est pour plus tard.
Là, on est dans l’esthétique de la transition.
Le vin blanc est froid.
Très froid.
Il me donne l’impression que tout est plus sous contrôle que ça l’est vraiment.
Je prends une gorgée, je soupire fort (avec écho),
et je me dis :
« Regarde-moi. Je vais bien. »
Les électros continuent leur opéra.
Le four fait son TA-DAAA comme s’il venait de découvrir sa vocation.
Le lave-vaisselle finit son cycle en bipant assez longtemps pour que je me sente personnellement félicitée.
La laveuse me fait des petits sons réguliers, comme un coach de vie sonore.
La sécheuse conclut tout avec un bip final si solennel que j’ai presque envie d’applaudir.
Tout résonne.
Même mon sarcasme.
Gus est là.
Étendu par terre.
Dramatiquement.
Pile au centre du futur salon.
Il me regarde lever mon verre.
Il me regarde rire toute seule.
Il me regarde vivre.
Son regard dit :
« Elle va bien, mais elle a besoin d’un divan rapidement. »
L’homme se fait encore désirer.
Et pour une fois, ce n’est pas tragique.
C’est presque chic.
Un désir à distance, comme un meuble en livraison.
Je sais qu’il arrive.
Je n’ai juste pas le tracking exact.
Je prends une autre gorgée de vin blanc.
Je regarde autour.
Je ris.
Parce que c’est tellement absurde que ça en devient beau.
Je suis heureuse dans ce chaos flambant neuf.
Heureuse avant les chaises.
Avant le divan.
Avant le silence.
Heureuse en plein milieu du bordel temporaire,
avec du vin blanc,
un chat noir lucide,
et une confiance exagérée en l’avenir.
Panique et Paillettes,
présente :
Bonheur instable, humour démesuré, vin blanc obligatoire ✨🥂🐈⬛
Et honnêtement ?
Si c’est ça le début…
je prends encore une gorgée. 🥂
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