— Journal intime d’une femme gelée qui a clairement été oubliée par le système de chauffage humain

Moi, j’ai pas “un peu froid”.

J’ai le froid dans le sang.

Ou plutôt… l’absence de sang.

Mon corps fonctionne comme une vieille maison mal isolée : ça chauffe quelque part, mais jamais là où il faut. Le cœur? Correct. Le cerveau? Alimenté juste assez pour continuer à payer des comptes. Les pieds? Rayés de la carte. Déclarés morts. Enterrés sans cérémonie.

Je suis gelée tout le temps.

Pas “haha j’ai froid”.

Non.

Je grelotte comme si j’avais offensé un dieu thermique.

Les gens qui disent :

« Mets un chandail »

devraient être légalement interdits de parler.

C’est pas un problème de tissu, c’est un problème de conception humaine. J’ai des chandails. J’ai des manteaux. J’ai des couches dignes d’un oignon anxieux. À un moment donné, j’avais tellement de vêtements sur moi que je ressemblais à une tentative ratée d’hibernation.

Et j’avais encore froid.

Comme une conne.

Comme si mon corps me haïssait personnellement.

Le pire crime?

Le lit.

LE. TABAR🤬🤬🤬. DE. LIT.

L’endroit supposé être chaud, intime, réconfortant. Moi, je m’y couche pleine d’espoir… et je me réveille gelée comme une femme abandonnée dans un frigo émotionnel.

Je suis emmitouflée. J’ai des couvertures. J’ai des bas. J’ai même essayé le combo bas + couverture + rage silencieuse. Rien. Mes pieds restent froids, rigides, insultants. On dirait deux petits cadavres qui refusent de coopérer.

À ce stade-là, je me demande sincèrement si le sang se rend encore jusque-là ou s’il a décidé de rester en haut “pour les organes qui comptent”.

Et là…

IL Y A EUX.

Ceux qui disent :

« Moi, j’ai chaud. »

CHAUD???

Dans quel osti de corps béni tu vis??

Parce que clairement, on n’est pas de la même espèce.

Ces gens-là enlèvent leurs bas pour dormir.

ILS ENLÈVENT LEURS BAS.

Comme si c’était une option normale, saine, accessible.

Moi, enlever mes bas, c’est un acte suicidaire.

L’hiver, pour moi, c’est pas une saison.

C’est une agression physique prolongée.

Le vent me traverse comme si j’étais faite en papier journal. Il s’infiltre partout, sans consentement. Mon corps n’oppose aucune résistance. Il accepte le froid avec une résignation pathétique, comme quelqu’un qui a déjà trop souffert pour se battre.

Je ne sors pas dehors en hiver.

Je me déploie avec haine.

Mais même à l’intérieur.

Même “au chaud”.

Même tranquille…

Je suis froide.

Comme si mon corps se disait :

« Ah, elle se repose? Cool. On coupe le chauffage. »

Gestion interne digne d’un esti de conseil d’administration incompétent.

Je ne cherche plus à être belle l’hiver.

Je veux être en vie.

Les manteaux cute? Non.

Les bottes élégantes? Non.

Je veux du laid, du gros, du doublé, du on dirait que je pars pour l’Antarctique même si je vais juste au dépanneur.

Si c’est chaud mais que ça tue mon sex-appeal,

je signe.

Le sex-appeal, ça se reconstruit.

Les orteils morts, moins.

Et malgré tout…

Il y a les paillettes.

Des paillettes sales.

Des paillettes de survie.

Le plaisir presque sexuel d’ajouter UNE AUTRE couverture.

La satisfaction malsaine de chialer sur le froid comme sur un ex toxique.

La diablesse en moi qui refuse de s’excuser d’avoir froid EN TABARNAK.

Je ne suis pas faible.

Je suis thermiquement trahie.

Je suis la femme qui grelotte pendant que les autres transpirent.

Celle qui a toujours les pieds gelés.

Celle dont le corps agit comme si le sang avait un couvre-feu.

Et je le dis sans pudeur, sans filtre, sans culpabilité :

👉 Si l’enfer existe, j’espère sincèrement qu’il est surchauffé, étouffant, sans thermostat, et impossible à aérer.

Parce que j’ai déjà fait mon temps dans le froid

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