Journal d’une diablesse fonctionnelle qui déménage, étudie, travaille et refuse de s’excuser

En ce moment, ma vie n’est pas chargée.

Elle est hostile.

Je travaille à temps plein pendant que je termine une session universitaire et que je déménage. Trois activités normalement réservées à des gens différents. Ou à quelqu’un qui a une équipe. Moi, j’ai un café froid et un regard vide.

Je ne suis pas débordée.

Je suis sur le bord de mordre.

Mon appartement est un mélange entre un déménagement et une scène de crime émotionnelle. Des boîtes partout. Certaines contiennent des objets, d’autres des regrets. Il y a toujours une boîte qui bloque le passage, comme un rappel physique que la fluidité n’existe plus dans ma vie.

Je ne cherche plus mes choses.

Je les déclare disparues et j’avance.

La fin de session me regarde droit dans les yeux.

Je la regarde en retour, sans cligner.

J’écris des travaux avec l’énergie d’une femme qui n’a plus rien à prouver. Des phrases solides, des références crédibles, et zéro amour. L’important, ce n’est pas la passion. C’est que ça passe.

Je ne vise pas l’excellence.

Je vise la délivrance.

Au travail, je suis professionnelle.

Ce qui veut dire que je cache très bien mon mépris pour les phrases comme “on est tous fatigués” ou “c’est juste une question d’organisation”.

Je souris.

Mais c’est un sourire qui a vu des choses.

Quand on me demande comment ça va, je réponds :

“Ça va bien.”

Ce qui veut dire :

“Je suis une femme de feu, mais j’ai signé un contrat.”

Mentalement, c’est un bras de fer permanent.

Mon anxiété veut le chaos.

Moi, je lui ai mis une laisse.

Je n’ai plus le luxe de m’effondrer. J’ai des échéances, des boîtes et une réputation à maintenir. Si je pleure, c’est stratégique. Rapide. Hydratant.

Je n’ai plus de patience pour la culpabilité.

Elle peut aller attendre dans le stationnement. Je fais ce que je peux, quand je peux, avec un niveau d’énergie qui frôle l’insulte.

Je ne suis pas lente.

Je suis en mode survie agressive.

Les paillettes sont toujours là.

Pas douces.

Tranchantes.

Un rouge à lèvres foncé comme mes intentions.

Une playlist dramatique qui donne l’impression que chaque déplacement de boîte est une scène finale.

Un café trop cher parce que la diablesse refuse les compromis.

Ce n’est pas du self-care.

C’est une offrande à mon démon intérieur pour qu’il coopère.

Je sais que ça va passer.

Mais pas sans bruit.

Pas sans sarcasme.

Pas sans laisser une légère odeur de soufre.

Je ne suis pas calme.

Je ne suis pas gentille.

Je suis efficace.

Et honnêtement?

C’est largement suffisant.

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