Marketplace, c’est ce moment précis où tu réalises que l’humanité n’est pas perdue…

elle est juste mal organisée, pas capable de lire, et chroniquement en retard.

Tout commence avec une intention pure.

Presque spirituelle.

Un meuble en trop.

Un déménagement.

Une envie de renouveau.

Tu te dis : « Je vais vendre ça. Ou le donner. Ça va être simple. »

Spoiler : non.

Tu prends les photos.

Pas UNE photo.

Non non.

SIX.

De face.

De côté.

De près.

De loin.

Avec une règle pour les mesures parce que t’as appris de tes erreurs passées.

T’éclaires la pièce comme si tu tournais une pub d’Habitat 67.

Tu nettoies.

Tu déplaces.

Tu caches le désordre existentiel hors champ.

Ce meuble-là n’a jamais été aussi beau.

Il n’a jamais été aussi prêt à quitter ta vie.

Tu écris la description la plus claire que l’esprit humain peut produire :

« Encore disponible. Pas de livraison. Argent comptant. Premier arrivé premier servi. »

T’as littéralement écrit un mode d’emploi.

Et pourtant…

Le premier message arrive :

— « Encore dispo ? »

Là, déjà, quelque chose se fissure en toi.

Mais tu réponds.

Poliment.

Parce que t’es civilisée.

Parce que t’as encore foi en l’humanité pour environ 4 minutes.

Puis ça enchaîne.

— « C’est quoi le dernier prix ? »

Le dernier prix, c’est celui que j’ai écrit.

Y’a pas de promo éclair.

Y’a pas de rabais émotionnel.

C’est un meuble, pas une liquidation de fin du monde.

— « Tu peux livrer ? »

Non.

J’ai pas de camion.

J’ai pas de dos.

J’ai pas signé pour être un service de déménagement communautaire.

— « J’habite loin. »

Moi aussi, loin de la patience.

Quand tu DONNES un meuble, là c’est l’apocalypse version gratuite.

Gratuit, ça déclenche une transformation inquiétante chez les gens.

Ils passent de « intéressé » à « client-roi halluciné ».

— « Est-ce qu’il est en parfait état ? »

Non.

Il est gratuit état.

— « Est-ce que tu peux le réserver jusqu’à la semaine prochaine ? »

Non.

C’est pas un Airbnb.

— « Est-ce que tu peux le démonter et le descendre ? »

Bien sûr.

Veux-tu que je te le monte chez vous et que je te félicite d’être venu ?

Les rendez-vous sont un chapitre à part.

Un roman.

Un thriller psychologique.

— « J’arrive à 18h tapant. »

18h00 : toi prête.

18h10 : tu regardes dehors.

18h20 : tu refresh les messages.

18h30 : message vu.

18h45 : rien.

19h00 : t’es officiellement une figurante dans ta propre vie.

Ils disparaissent.

Sans explication.

Sans honte.

Sans séquelle apparente.

Pendant ce temps-là, ton salon devient un cimetière de meubles non désirés.

Tu passes devant et tu murmures :

« Je t’ai aimé. Mais là tu me fais du mal. »

Et Gustave.

Toujours là.

Témoin muet de ta déchéance.

Il te regarde répondre trop gentiment à un message absurde.

Il te regarde baisser le prix.

Encore.

Puis encore.

Son regard dit :

« Moi, j’aurais mordu quelqu’un depuis longtemps. »

À un moment donné, tu craques.

Tu veux juste que ÇA PARTE.

Tu serais prête à l’échanger contre une plante morte ou une promesse vague.

Puis… MIRACLE.

Un vrai humain.

Fonctionnel.

À l’heure.

Avec un char.

Avec des bras.

Qui dit : « Merci. »

Tu veux presque le serrer dans tes bras.

Tu te retiens.

Mais intérieurement, t’es émotive.

Le meuble part.

La porte se ferme.

Tu restes là.

Silencieuse.

Vidée.

Transformée.

Conclusion :

Marketplace, c’est pas de la vente.

C’est une leçon brutale sur la condition humaine.

Tu y perds un meuble,

quelques neurones,

et un petit bout de ton âme brillante.

Mais tu gagnes une certitude :

la prochaine fois…

tu mets ça sur le bord du chemin.

Avec une pancarte.

Et tu vas prendre un verre.

Panique et Paillettes ✨🖤

Toujours debout.

Un peu plus cynique.

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