·       « Noël, l’amour, l’anxiété… et le fantasme légal de la Floride

Je vais le dire tout de suite, avant que quelqu’un se sente coupable pour rien :

ma famille n’a rien fait de mal.

Rien.

Zéro.

Ils sont aimants, présents, imparfaits comme tout le monde, mais pas toxiques, pas lourds, pas responsables de mes débordements internes.

Le problème…

C’est mon système nerveux, pas leur existence.

Je suis contente d’être en famille.

Vraiment contente.

Pas le contente Instagram.

Le contente fatiguée, émotive, vraie.

MAIS.

Normalement, à cette période précise de l’année,

mon corps serait étendu au soleil en Floride,

pendant que mon cerveau se ferait shush-er par la chaleur.

Pas pour fuir les miens.

Pour fermer le volume.

Parce que quand t’as l’anxiété, Noël, même doux, même aimant,

C’est comme vivre un festival…

sans bouchons pour les oreilles.

Tout est plus fort :

  • les voix
  • les rires
  • les souvenirs
  • les attentes non dites
  • l’amour aussi (pis ça, c’est fucké à gérer)

Aimer beaucoup quand t’es anxieuse,

c’est pas reposant.

C’est intense en tabarnak.

Je suis assise là,

entourée de gens que j’aime pour vrai,

pis mon corps agit comme si j’étais en train de désamorcer une bombe émotionnelle.

Je ris.

Je jase.

Je participe.

Je suis là.

Mais intérieurement, y’a une version de moi qui crie :

« CALMEZ TOUT. MAIS PAS VOUS. JUSTE TOUT DEDANS MOI. »

Et ça, c’est pas leur faute.

Gustave, le chat, est témoin de tout ça.

Lui, il observe sans romantiser.

Il voit pas une “belle soirée de Noël”.

Il voit :

  • trop d’humains
  • trop de mouvements
  • trop d’émotions dans l’air

Il se promène comme un videur blasé,

regarde les gens,

me regarde moi,

pis son regard dit :

« Ils sont corrects. C’est toi qui surchauffes. »

Merci, esti de chat lucide.

Les gens disent :

« L’important, c’est d’être ensemble. »

Ils ont raison.

Vraiment.

Mais personne ne parle assez du fait que

être ensemble, quand t’es anxieuse, ça demande de la gestion interne olympique.

Parce que tu ne veux pas gâcher.

Tu ne veux pas déranger.

Tu ne veux pas être “celle qui”.

Alors tu encaisses.

Tu encaisses l’amour.

Tu encaisses la fatigue.

Tu encaisses les émotions qui remontent sans invitation.

Pis pendant que tout le monde est bien,

toi tu fais de la plomberie émotionnelle en urgence.

Quand je pense à la Floride,

c’est pas un rejet.

C’est un fantasme de silence.

Là-bas, personne ne m’en veut si je ne parle pas.

Personne n’attend rien.

Mon système nerveux peut respirer sans explication.

Ici, je choisis de rester.

Pas parce que je dois.

Parce que je veux.

Mais vouloir quelque chose

ne veut pas dire que c’est facile à porter.

Panique et Paillettes, c’est ça :

être entourée d’amour

pis quand même être à boutte.

C’est aimer fort

pis être drainée par l’intensité de ce que tu ressens.

C’est être reconnaissante

pis quand même rêver d’un endroit où ton corps arrête de vibrer comme un cellulaire sur la table.

À un moment donné, je m’isole deux minutes.

Pas parce que je suis fâchée.

Pas parce que je suis triste.

Juste parce que mon cœur bat trop vite

pour une situation qui est pourtant belle.

Gustave me suit.

Il s’assoit près de moi.

Il ne dit rien (évidemment).

Mais il reste.

Pis c’est là que je me rappelle :

je suis correcte.

Ils sont corrects.

Personne a échoué Noël.

Je suis juste une humaine anxieuse

qui vit quelque chose de normal

avec des émotions amplifiées.

À la fin de la soirée,

quand le bruit baisse,

que les manteaux s’enfilent,

que le calme revient…

Je suis brûlée.

Mais je suis pleine.

Pleine d’amour.

Pleine de fatigue.

Pleine de gratitude mêlée à l’envie de dormir trois jours.

Je ne suis pas en Floride.

Je suis ici.

Avec les miens.

Avec mes limites.

Avec mon chat jugeur.

Et personne n’est responsable de mon chaos,

sauf moi…

et peut-être un peu décembre.

🎄🔥🐈‍⬛✨

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