Acte I â Le drame commence dans lâestomac
Je te jure, si la nausée était une personne, ce serait une vieille connaissance envahissante.
Le genre qui débarque chez toi sans prévenir, sans vin, sans excuses
et qui tâannonce quâelle compte rester « juste un petit moment ».
Malheureusement elle finit par squatter ton canapé émotionnel pendant trois jours.
Parce que oui, moi et la nausée, on se connaßt trop bien.
Ce nâest pas la petite nausĂ©e mignonne du lendemain de veille ou celle dâun sushi douteux.
Non. Câest la nausĂ©e anxieuse, la grande, la noble, la persistante â
celle qui te monte du fond de lâĂąme comme une vague de panique
aromatisée à la bile existentielle.
Ăa commence souvent le matin, sans raison logique.
Jâouvre les yeux, je respire, et dĂ©jĂ je sens que mon estomac a dĂ©cidĂ© de manifester contre quelque chose.
Contre quoi ? Aucune idĂ©e. Peut-ĂȘtre contre la vie moderne.
Peut-ĂȘtre contre mes pensĂ©es qui tournent en boucle.
Peut-ĂȘtre juste contre le fait dâexister avant le deuxiĂšme cafĂ©.
Mais câest lĂ .
Cette sensation sourde et insistante de trop-plein, comme si mon corps voulait me crier :
« Tu tâobstines Ă tout garder Ă lâintĂ©rieur ? Parfait. Je vais te le faire sentir. »
Et là , bam. Nausée.
La grande, la belle, lâindomptable.
Acte II â Le cabaret de lâangoisse
Câest un malaise tellement envahissant que tâas mĂȘme pas besoin de stress rĂ©el pour le dĂ©clencher.
Un message mal interprété ? Nausée.
Un appel inconnu sur mon téléphone ? Nausée.
Une pensée intrusive à propos du futur ? Double portion de nausée, avec extra palpitations.
Et quand je dis ânausĂ©eâ, je ne parle pas juste du ventre.
Je parle de la tĂȘte qui tourne, du cĆur qui cogne, du souffle qui sâĂ©parpille,
du goût de métal dans la bouche et de la panique dans le regard.
Câest ce moment prĂ©cis oĂč tu te demandes si tu vas vomir ou juste tâĂ©vanouir dans un halo de honte et de sueur.
Tout ça pendant que tâessaies de sourire et de chanter la comptine du jour
avec dix sept petits humains surexcités qui te tirent sur les manches.
Et pendant que jâessaie de survivre avec Ă©lĂ©gance,
Gustave, mon chat noir Ă lâair de psy cynique, mâobserve depuis le canapĂ©.
Lui, câest la paix incarnĂ©e.
Il baille.
Il juge.
â Encore un Ă©pisode ? SĂ©rieusement ?
Oui, Gustave. Encore.
Parce que moi, contrairement Ă toi, je ne peux pas juste dormir vingt heures par jour
sans me soucier de mes émotions, de mes factures et du chaos mondial.
Acte III â La diva et son estomac fragile
Je devrais ĂȘtre habituĂ©e Ă la nausĂ©e, Ă force.
Câest pratiquement devenu ma coloc.
On se croise le matin, elle me salue gentiment :
« Salut ma belle, tâas bien dormi ? JâespĂšre que non
parce que jâai prĂ©vu te faire douter de tout ton systĂšme nerveux avant 9 h. »
Et moi, toujours polie :
« Oh super, jâvais encore vivre ma journĂ©e comme si jâĂ©tais enceinte de lâangoisse. »
Câest glamour comme pas deux.
Tâas le teint de porcelaine (pĂąle, sans le cĂŽtĂ© luxueux), la bouche sĂšche
et les pensées qui tournent comme un cycle de lavage sans fin.
Tu veux manger, ton estomac dit non.
Tu veux dormir, ton cerveau dit : et si tâĂ©tais malade pour vrai ?
Et voilĂ .
Le duo infernal : anxiété et gastrite émotionnelle, main dans la main,
prĂȘtes Ă ruiner ta journĂ©e â avec un soupçon de sarcasme, Ă©videmment.
Je respire (façon yoga de survie).
Je bois de lâeau (mon ventre fait ânon merciâ).
Je me couche, je me relĂšve, je scroll sur TikTok en cherchant
quelquâun dâautre qui a vomi mĂ©taphoriquement avant moi.
Et puis, sans prĂ©venir, la nausĂ©e sâen va.
Pas parce que jâai trouvĂ© la paix intĂ©rieure
mais parce que mon systÚme nerveux est épuisé de faire la drama queen.
Elle sâĂ©clipse comme une ex toxique : sans message, sans excuses, sans clĂŽture.
Acte IV â La renaissance de la survivante (avec mascara waterproof)
Je me regarde dans le miroir.
Cernes deluxe, teint blĂȘme, mais sourire digne.
Je remets un peu de mascara,
parce que si je dois sombrer dans la fragilité,
autant le faire avec des cils parfaits.
Je me verse un cafĂ© â dĂ©cafĂ©inĂ©, Ă©videmment â
et je me répÚte mon mantra de survivante sarcastique :
« Oui, jâai la nausĂ©e. Oui, je suis fatiguĂ©e.
Mais bordel, je suis encore debout. Et franchement, jâai dĂ©jĂ eu pire. »
Parce quâau fond, câest ça ma vie :
un mélange de panique chronique, de dignité cosmétique
et de lucidité ironique.
Je ris, nerveusement, mais je ris quand mĂȘme.
Parce quâĂ force de tout craindre,
il reste plus quâĂ en rire.
Ăpilogue â Quand le corps parle plus fort que la tĂȘte
Quand la nausĂ©e sâen va, il reste toujours un drĂŽle de silence.
Pas un silence de paix, non â un silence de vide.
Comme aprĂšs une longue tempĂȘte oĂč tu nâentends plus que ton souffle,
et le bruit de ton cĆur qui vĂ©rifie sâil peut enfin se calmer.
Câest lĂ que je comprends que mon corps ne mâen veut pas.
Il veut juste ĂȘtre entendu.
Chaque haut-le-cĆur, chaque serrement, chaque frisson,
câest une lettre quâil mâenvoie pour dire :
« Tu tires trop. Tu fais semblant dâaller bien trop souvent. Tu portes tout, tout le temps. »
Alors jâessaie dâĂ©couter. Juste un peu.
Je me fais du thĂ© (que je bois Ă moitiĂ©, parce que jâai encore le ventre fragile).
Je regarde la lumiĂšre passer Ă travers les rideaux.
Je respire lentement, pas pour chasser lâangoisse
mais pour lui dire :
« Ok, tâas gagnĂ©. Je tâentends. »
Et dans ce petit moment suspendu, quelque chose sâapaise.
Pas totalement, mais juste assez.
Assez pour me rappeler que je ne suis pas quâun corps en crise.
Je suis une humaine qui essaie.
Une fille qui panique, mais qui brille quand mĂȘme.
Une éducatrice, une amoureuse, une survivante du quotidien.
Une Ăąme qui digĂšre mal la vie
mais qui, chaque jour, trouve encore la force de la goûter.
Alors oui, parfois, jâai la nausĂ©e du monde, du bruit, des attentes, de moi-mĂȘme.
Mais le soir, quand tout se calme, je me dis que câest peut-ĂȘtre juste ça, ĂȘtre vivante :
ressentir un peu trop, aimer un peu fort,
avoir mal au cĆur pour rien
et recommencer demain,
avec un soupçon de mascara et un brin dâespoir indigeste.
âš Panique, paillettes et digestion lente du chaos intĂ©rieur. âš
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