Ce soir, derrière le bar de l’aréna, je brille à la lumière des néons et du frigo à bières. Glamour, hein ? On est loin du champagne et des robes à paillettes, mais bon, j’aime bien ma version aroma ailes de poulets et odeur de Zamboni. Ce n’est pas le Ritz, mais c’est mon théâtre du soir. Et j’ai le temps de penser — grave erreur.

J’ai pris une petite pilule pour calmer la tempête dans ma tête quand mon chum est retourné chez lui. Le classique : lui part, moi je reste, et mon cerveau déclenche un feu d’artifice de scénarios catastrophes. J’te jure, si l’inquiétude était un sport olympique, j’aurais déjà une médaille d’or et un commanditaire en pilules miracles.

Je me dis que j’ai hâte qu’on se place. Qu’on s’installe. Qu’on réalise enfin nos projets — parce que des projets, on en a à pelleter à la petite cuillère. Chalet, des rénos, des idées, des rêves, des factures (surtout des factures). C’est beau, la vie de couple moderne : un Pinterest de promesses et un compte bancaire en crise existentielle.

Aujourd’hui, tout me semble carré. Rien ne tourne rond, même pas moi. On dirait que l’univers a décidé de me tester en me donnant un puzzle sans coins ronds. Et je ne suis pas déçue, non. Juste impatiente. Impatiente comme une enfant devant un gâteau qu’on laisse refroidir. Je veux tout, tout de suite. La stabilité, le chalet Pinterest, la paix intérieure et un petit voyage à Magog pendant qu’on y est. Mais non, la vie, elle, avance au rythme d’un épisode de téléroman où tout se règle… dans la saison 5.

Je me connais : je veux de l’action, du changement, du punch. Je veux des feux d’artifice, pas des chandelles à la vanille. Mais ces temps-ci, la vie c’est juste… du beige. Et le beige, ça me démange.

Alors je respire. Je me répète que c’est juste un moment plus difficile, que c’est normal de patiner dans la slush avant d’arriver sur la glace parfaite. En attendant, je vis avec mes petits drames, mes soupes aux nouilles, et mes rêves emballés dans du papier d’aluminium pour ne pas qu’ils se refroidissent.

J’ai encore un peu de brouillard dans la tête, un trop-plein d’idées, de peur, de fatigue. J’ai l’impression de courir un marathon émotionnel en talons. Et pourtant, je garde mon rouge à lèvres. Parce que même quand tout tourne carré, j’aime mieux m’écrouler en beauté que de me laisser aller en mou.

Je sais que ça va passer. Que la soupe va finir par goûter le succès. Que le hamster sur le speed va descendre de sa roue pour faire un spa intérieur. Que ce sera mon tour bientôt — pas le tour de la roue, le vrai, celui où tout clique.

Mais d’ici là, je serre mon verre, je respire, je souris à travers mes paillettes mentales, et je me dis que même si la vie m’envoie des « pas maintenant », elle oublie souvent que je suis têtue comme un mascara waterproof.

Panique et Paillettes. Toujours. Même dans l’odeur de popcorn et de bières tièdes.

Posted in

Laisser un commentaire