La rentrĂ©e scolaire, câest un peu comme le parc dâattractions des Ă©ducatrices. Pas parce quâon gagne un toutou dans un jeu dâhabiletĂ© truquĂ© mais parce quâon se prĂ©pare Ă recevoir une foule surexcitĂ©e, des drames, des surprises⊠et que tout ça se passe avant 8h30 du matin.
Le défilé du matin
Les portes sâouvrent et ça commence : un dĂ©filĂ© dâenfants avec des sacs Ă dos plus gros quâeux, des souliers mal attachĂ©s et des yeux encore mi-clos. Certains entrent comme des rockstars en criant « allo madameeeeee! », dâautres sâeffondrent dans mes bras comme si je venais de leur annoncer la fin de Pat Patrouille.
Pendant ce temps, les parents tentent de masquer leur propre fébrilité :
- Il y a ceux qui déposent leur enfant en mode livraison du style Amazon avec un « bonne journée ! » crié en reculant.
- Ceux qui sâaccrochent Ă la porte, la larme Ă lâĆil, comme si câĂ©tait un au revoir pour toujours.
- Et ceux qui veulent me rĂ©sumer les 5 derniĂšres annĂ©es de vie de leur enfant⊠alors quâil y en a 19 autres derriĂšre qui attendent leur tour.
Le chaos organisé (ou pas)
La rentrĂ©e, pour une Ă©ducatrice, câest un peu comme jongler avec des oranges en feu sur un trampoline. Je dois retenir les prĂ©noms, consoler, gĂ©rer une crise existentielle de 7h45 (« pourquoi on nâa pas le droit de manger des chips au dĂ©jeuner ? »), et sauver un soulier qui est atterri sur un casier (tout seul⊠promis madame Isabelle đ€đŒ).
Et bien sĂ»r, je dois le faire avec un sourire rassurant. Parce que dans les yeux des enfants, je suis la bouĂ©e, le phare, lâhumain qui fait que tout ça nâest pas si effrayant. (MĂȘme si, entre toi et moi, jâai dĂ©jĂ besoin dâun deuxiĂšme cafĂ© avant 8h15.)
La magie cachée dans la tornade
Soyons clairs : la rentrĂ©e, câest bruyant, collant, parfois un peu chaotique. Il y a des larmes, des crises, des bananes Ă©crasĂ©es dans des sacs trop lourds, et des parents qui oublient la moitiĂ© de leurs formulaires ou quâils ont oubliĂ©s dâinscrire leur enfant au service de garde !! (Et ça arrive plus souvent quâon pense, hein Mme Martine ??!!!) Mais⊠il y a aussi ça :
- Un enfant qui ose lĂącher la main de son parent pour me sourire timidement.
- Des rires qui Ă©clatent en plein jeu, comme si on avait attendu ce moment tout lâĂ©tĂ©.
- Un petit « je suis content de te voir » qui te donne le cĆur gros.
Câest dans ces instants-lĂ que je me rappelle pourquoi je fais ce mĂ©tier. Parce que malgrĂ© tout le sarcasme que je mets pour survivre (et dieu merci quâil existe ce sarcasme), la vĂ©ritĂ©, câest que jâadore mon job.
Conclusion : fatiguée mais heureuse
La rentrĂ©e, câest un marathon. Ăa use mes nerfs plus vite quâun iPhone sans chargeur, mais ça remplit aussi mon cĆur dâune façon quâaucun autre travail ne pourrait.
Je finis mes journĂ©es cernĂ©es, parfois avec un morceau de pĂąte Ă modeler collĂ© dans les cheveux, mais je repars avec lâimpression dâavoir Ă©tĂ© tĂ©moin de petits miracles.
Alors oui, je ris, je rĂąle, je suis sarcastique⊠mais dans le fond, je sais que je suis exactement Ă ma place dans ce chaos rempli de rires, de biscuits Goldfish Ă©crasĂ©s et dâhistoires improbables.
Et ça, câest mieux que nâimporte quel bureau tranquille. đâš
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