Jour… honnêtement j’ai arrêté de compter. Entre les mèches, les pansements, les compresses chaudes, les cris intérieurs et les regards douteux dans le miroir, j’ai perdu le fil. Ce que je sais, c’est que chaque jour, je vais au CLSC, chaque jour on me félicite, et chaque jour je réponds avec mon plus beau sourire de combattante mi-fière, mi-panique chronique.Parce que oui, mesdames et messieurs, apparemment, je guéris bien.

Tellement bien que les infirmières sont quasiment prêtes à encadrer mon nombril. Elles me regardent comme si j’étais un mystère de la médecine, une exception post-op, une étoile brillante dans le ciel gris de la salle de soins. On me parle de belle cicatrisation, de tissus sains, de progrès rapides. Je hoche la tête, je respire, je retiens mes larmes d’angoisse et de fierté mêlées, et je me dis : “Bon… peut-être que mon corps n’est pas totalement une cause perdue.”

Mais… (tu savais qu’il y aurait un mais, hein ?)

Demain, j’ai LE rendez-vous.

Le boss final. Le chirurgien. 👨‍⚕️

Celui qui va mettre son petit crochet de médecin dans la case “OK” ou “retour à la case CLSC aux deux jours”. Et honnêtement, j’ai la chienne.

Parce que c’est beau guérir aux yeux des infirmières, mais est-ce que c’est VRAIMENT guéri ?

Est-ce que tout tient comme il faut là-dedans ?

Est-ce qu’on m’a recousue en mode “œuvre d’art” ou en mode “patchwork précipité” ?

Est-ce que je vais pouvoir enfin me projeter au-delà de l’instant présent ? Ou est-ce que je vais devoir replonger dans les pansements, la douleur, le doute, les nuits semi-assises parce que je ne peux pas dormir sur le côté ?

Et là, entre deux pansements, je flotte dans un entre-deux émotionnel.

Je suis contente. Mais stressée.

Soulagée. Mais nerveuse.

Fière. Mais sceptique.

Un peu comme si mon cœur était en train de me faire vivre une avant-première de ma propre série médicale : “Anxieuse, mais mignonne – saison 3 : le retour du scalpel ?” 🏨

Je fais semblant que je gère, que tout est sous contrôle, que je suis la reine de la résilience. Mais à l’intérieur, je suis une boule de ouate mouillée trempée dans de la caféine. Et Gustave, mon chat noir fidèle et juge silencieux, continue de m’observer avec son regard de vieux philosophe désabusé. Je sais qu’il me trouve dramatique, mais bon. Il n’a jamais eu de pansement collé sur l’âme, lui. 🐈‍⬛🐈‍⬛🐈‍⬛

Je me répète que je suis chanceuse. Que ça aurait pu être pire. Que je suis en train de remonter la pente. Mais je ne peux pas empêcher ce petit hamster dans ma tête de courir, courir, courir, jusqu’à ce fameux rendez-vous. Celui qui décidera si je peux tourner la page ou si je dois en écrire un autre chapitre sous anesthésie.

Alors en attendant, je me maquille un peu même pour aller au CLSC. Je garde mes bijoux même si je suis en mou. Je mets du parfum pour aller me faire soigner une plaie. Parce que même dans le doute et l’attente, je reste fidèle à moi-même : panique… et paillettes. ✨✨✨

Rendez-vous demain pour le verdict. 🥁🥁🥁

En espérant qu’il me dise enfin :

“C’est beau, c’est solide, vous êtes libre.”

Parce que si c’est le cas… j’achète du mousseux. Même si je suis encore sur Advil. Et je pars le cœur léger pour 4 jours à Magog…. D’autres aventures à suivre !!! 🍾🍾🧳🧳

Posted in

Laisser un commentaire