Panique et Paillettes – Le trouble anxieux pour les nul·le·s (et les très sensibles)
Bon. On va se dire les vraies affaires.
Il y a des jours où j’ai de la difficulté à respirer… pas parce que j’ai couru un demi-marathon (soyons sérieux), mais parce que mon cerveau a décidé de partir en voyage sans mon consentement. Destination : le pire scénario possible. Et non, ce n’est pas juste une petite inquiétude passagère. Ce n’est pas une phase. C’est ce qu’on appelle un trouble anxieux. Et spoiler alert : c’est pas cute.
Mais comme tout est plus facile à digérer avec une touche de brillants, laissez-moi vous expliquer ça à ma manière.
C’est quoi un trouble anxieux?
Imagine que ton cerveau a un système d’alarme intégré, comme un détecteur de fumée.
Chez la majorité des gens, ce détecteur se déclenche quand il y a vraiment du feu : une urgence, un danger, une entrevue stressante. Normal.
Mais chez les personnes avec un trouble anxieux (bonjour, moi 👋), ce détecteur part pour n’importe quoi :
– un texto non répondu,
– un appel manqué,
– un “j’ai quelque chose à te dire” laissé en suspens,
– un regard bizarre de la caissière chez Maxi,
– ou simplement… rien. Juste l’idée de “et si”.
C’est comme si mon cerveau vivait constamment en mode alerte rouge, même quand tout va bien. Et ça, c’est épuisant. T’sais, essayer d’être fonctionnelle alors que ton cœur fait du tambour dans ta poitrine pis que tes pensées galopent comme un troupeau de chevaux en panique… c’est pas idéal pour plier ton linge ou remplir ta déclaration d’impôts.
Mais c’est pas dans ta tête, ça?
Oui. Et non.
Oui, c’est dans ma tête — c’est mon cerveau qui s’emballe.
Mais non, ce n’est pas imaginaire. Ce n’est pas exagéré. Et ce n’est surtout pas juste “être stressée un peu”.
Un trouble anxieux, c’est un déséquilibre réel. Il y a des substances chimiques dans le cerveau qui s’emballent (comme la dopamine, le cortisol, la sérotonine, etc.), et ça vient affecter :
– le sommeil,
– l’humeur,
– le système digestif,
– la concentration,
– la capacité à fonctionner,
– pis des fois… juste à sortir de chez soi.
Les symptômes? Attache ta tuque.
Parce que ça se présente de bien des façons. Parfois, c’est très physique :
- le cœur qui bat vite pour rien,
- les mains moites,
- des tremblements,
- un étourdissement bizarre,
- mal au ventre,
- sueurs froides,
- impression d’étouffer.
Et parfois, c’est plus sournois. Tu dors mal. Tu rumines. Tu fais semblant que tout va bien à l’extérieur, mais à l’intérieur, tu as l’impression d’être sur le bord du précipice.
Moi, par exemple, je peux avoir l’air “normale” (ou même festive, mettons un bon eyeliner), mais en dedans, c’est la guerre. Je fais mes tâches en pilote automatique, je souris, je ris même… mais ma tête est en feu. Et Gustave, mon chat, me regarde genre :
“Tu fais encore de l’hyperventilation parce que t’as oublié de fermer la lumière du salon? Sérieusement?”
Ce que ce n’est PAS
👉 Ce n’est pas être faible.
👉 Ce n’est pas vouloir attirer l’attention.
👉 Ce n’est pas juste “faire de l’anxiété comme tout le monde un peu”.
Et surtout : on ne le choisit pas.
C’est pas parce que j’ai “pas assez médité” ou que je bois du café (ok, peut-être un peu le café, là… mais j’en ai besoin pour survivre). Le trouble anxieux n’a pas de bouton “off” qu’on active quand ça fait notre affaire. C’est là. Tout le temps. Parfois en sourdine, parfois en mode full karaoké.
Alors, on fait quoi?
On survit.
On s’adapte.
On apprend à vivre avec.
Moi, j’ai appris à écouter les signaux. À me donner du temps. À dire non. À faire une pause quand mon corps crie stop. J’ai commencé une thérapie. J’ai respiré. Beaucoup. J’ai aussi pleuré dans des toilettes de lieux publics, mais ça, c’est une autre histoire.
J’ai arrêté de me taper dessus quand je suis “moins performante”. Parce qu’être performante, quand t’es anxieuse, c’est déjà de te lever pis de te laver les dents. C’est déjà énorme.
Et surtout… j’en parle.
Parce que le trouble anxieux aime se nourrir du silence et de la honte. Alors je le sors au grand jour. Avec des paillettes. Et un peu de mascara qui coule, ok, mais au moins je le vis pour vrai.
Si toi aussi tu vis ça…
Sache que tu n’es pas bizarre. Tu n’es pas seul.e.
Tu n’es pas une “drama queen” ou un “faible”.
Tu es juste un humain avec un cerveau qui pense beaucoup trop et un cœur qui a peur d’avoir mal.
Parle-en. Va chercher de l’aide. Demande un câlin. Respire. Bois de l’eau.
Et rappelle-toi : il y a de la place pour ton anxiété et ta lumière.
Tu peux être une boule d’angoisse et une étoile scintillante.
Tu peux être en panique… et pleine de paillettes.
Moi, je suis les deux.
Et c’est correct.
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