Panique, plaies et paillettes — saison 2 : le retour de bébé Ernie

Mon bébé Ernie est de retour.

Oui, celui que j’avais naïvement cru laisser derrière moi, rangé dans la section « événements traumatisants à ne pas revivre », entre mon secondaire 3 pis la gastro de Noël dernier. Mais non. Il a décidé de faire son grand retour. En force. En éclat. Avec effets spéciaux internes.

Et avec lui, un petit bidon gonflé qui me donne fièrement l’air d’être enceinte de 6 mois. Je vous jure, il ne manque que le shower et la liste de prénoms. (Herniette, peut-être ?)

Tout a commencé avec une douleur qui montait, un inconfort sournois. Puis un moment de panique. Puis l’urgence. Encore. Cette ambiance fluo-blafarde, les questions de routine, et l’impression d’être une actrice récurrente dans une mauvaise télésérie médicale : « Nous retrouvons Isabelle, 43 ans, éducatrice et survivante d’une hernie précédente, pour un nouvel épisode de “Mais qu’est-ce qu’elle a encore ?!” »

Scanner.

Attente.

Sueurs froides.

Puis la fameuse phrase : « On va devoir drainer ça. »

Et là, on m’annonce avec calme et détachement (mais pas de compassion, non, faut pas trop en donner, voyons) :

Un abcès. Un vrai. Une masse. Une prune.

Et pas celle qu’on cueille à la mi-août, hein. Une prune bien logée dans mes tissus, qui pousse et qui fait mal à respirer.

Pour commencer le doc me dit « on va passer par la plaie c’est indolore » de quesser c’est indolore ??? Ça fait mal je pleure, il me gèle, je pleure… il me retire 4 seringues de liquide !!!

Le désespoir. Et la souffrance. Et les mèches.

Oh, les joyeuses mèches, qu’on insère dans la plaie comme on garnirait un gâteau (un gâteau de l’enfer). À changer tous les jours. Tous. Les. Jours. CLSC, transport, pansement, panique. Et le tout sans vin blanc.

Est-ce que j’ai pleuré dans mon char en sortant du centre de soins ? Peut-être. J’ai pleuré toute la journée en fait. Est-ce que j’ai eu envie d’appeler ma mère en hurlant « pourquoi moiiiiiii » ? Absolument.

Mais au lieu de ça, je suis rentrée chez moi, je me suis étendue sur le divan avec mon nouveau bedon de 6 mois, et j’ai essayé de me convaincre que tout ça finirait bientôt.

(Spoiler : pas tout de suite.)

Entre deux changements de pansement, je vois passer des photos d’amis sur un voilier, de cocktails colorés, de peau bronzée. Moi j’ai un abdomen gonflé, des anti-inflammatoires qui me donnent mal au cœur et une routine de soins digne d’un film d’horreur à petit budget.

Mon chum essaie de me rassurer, mais son regard dit tout : « Ça va être long cet été-là. »

Et Gustave, le roi félin de la maison, ne se gêne pas pour me fixer comme si j’étais la reine des décisions douteuses. Il s’approche parfois pour flairer mon ventre, puis retourne se coucher, dégoûté.

Lui aussi, visiblement, préférait quand j’étais juste anxieuse, pas infectée.

Mais bon.

C’est ça, la vie. Des fois, tu veux des paillettes, pis tu reçois des mèches. Tu veux un break, pis on te donne une plaie ouverte. Tu veux guérir vite, pis on te colle un suivi à tous les jours au CLSC, avec sourire forcé et jaquette laide.

Alors je respire.

Je me soigne.

Je râle aussi, beaucoup.

Mais j’avance, mèche par mèche.

Et qui sait, peut-être qu’à la fin de cette étrange grossesse d’Ernie, je finirai par accoucher d’un peu de paix. Ou au moins d’un mois de repos réel.

Je souhaite remercier le personnel de l’hôpital Pierre Boucher… j’ai été prise en charge immédiatement et j’ai eu des soins exceptionnels !!! Vous êtes incroyables, préposés, infirmiers (ères) et médecins ❤️ Je vais beaucoup mieux grâce à vous !!!!

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